Paludisme

RD Congo, 12.09.2011
Le parasite est transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique femelle infecté.

Comment attrape-t-on le paludisme et comment se déclare la maladie?

Le parasite est transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique femelle infecté. Si un moustique sain pique une personne infectée, il est à son tour porteur du parasite et peut ainsi contaminer d'autres personnes.

Une fois dans l'organisme, le parasite migre dans le foie puis infecte les globules rouges du sang. Les symptômes apparaissent donc quelques jours après la piqûre de moustique infectante. Lorsque la crise de malaria se déclare, les parasites causent une inflammation importante chez le malade, qui ressent des symptômes grippaux. Les globules rouges, qui transportent l’oxygène, sont détruites par le parasite, ce qui entraine une anémie potentiellement mortelle et parfois une jaunisse (car un pigment jaune, la bilirubine, est libéré). En plus de cette anémie, la malaria de type Plasmodium falciparum modifie la paroi des globules rouges et cause des «bouchons», et des troubles la microcirculation de certains organes - comme le cerveau, les poumons ou les reins- ce qui augmente le risque de mortalité.

Pourquoi meurt-on du paludisme?

La maladie est caractérisée par des épisodes de fièvre intense. Les premiers symptômes – fièvre, maux de tête, frissons et vomissements – peuvent être modérés. Une personne adulte et bien portante traitée à ce stade de la maladie a toutes les chances de s’en sortir, notamment si elle a déjà développée une certaine immunité contre le paludisme.

S’il n’est pas traité, en revanche, ou s’il affecte une personne dont le système immunitaire est faible, le paludisme peut rapidement évoluer vers une affection sévère, souvent mortelle. Les malades souffrent alors de troubles neurologiques (malaises, convulsions, coma), d’anémie sévère, d’hypoglycémie (taux de sucre bas) et de défaillance des organes (foie, poumon, rein, système cardio-vasculaire, cerveau).

Les femmes enceintes et les enfants, notamment ceux qui ont moins de cinq ans, sont particulièrement sensibles au paludisme : leur organisme est plus fragile et ils n’ont pas encore développés d’immunité face au parasite. Ceux souffrant de malnutrition ou d’autres affections sont d’autant plus durement touchés par le paludisme. Les enfants en bas âge doivent donc être pris en charge au plus vite pour éviter que la maladie ne dégénère en paludisme sévère.

Le diagnostic et le traitement précoces du paludisme réduisent l’intensité de la maladie et permettent d’éviter qu’elle ne devienne mortelle. C’est sur ce plan que les équipes de MSF travaillent dans la plupart des projets concernés. Depuis quelques années, des agents communautaires locaux sillonnent les villages afin de sensibiliser la population, de dépister le paludisme et de traiter, ou de référer les malades vers les centre de santé. Ces agents sont également formés à détecter le paludisme dans sa forme grave et à administrer un traitement (un suppositoire d’artémisine) avant de transférer le malade au centre de prise en charge, ce qui permet d’augmenter ses chances de survie. Une fois sur place, le traitement se poursuit avec la forme injectable du même médicament - ou d’un autre médicament, l’artésunate, qui a récemment remplacé la quinine dans le traitement des paludismes sévères. Cette approche innovante permet d’éviter de nombreux décès.

Comment peut-on se protéger du paludisme?

La première façon de se protéger du paludisme, c’est de se protéger des moustiques ! Dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticides, par exemple, s’avère une protection efficace contre les piqûres, d’autant que les moustiques porteurs du paludisme ne piquent qu’en soirée. La pulvérisation d’insecticides, l’assainissement autour des lieux de vie et le port de vêtements couvrant les membres peuvent également jouer un rôle de protection face aux moustiques.

La transmission du paludisme dépend aussi des conditions climatiques qui peuvent influer sur l’abondance et la survie des moustiques, telles que l’humidité, le niveau de précipitations et la température. Dans certains endroits, la transmission est plus fréquente à certaines saisons, notamment pendant ou juste après la saison des pluies.

Récemment, une nouvelle méthode préventive, la «chimio-prévention du paludisme saisonnier» (CPS) a été mise en place dans la sous-région du Sahel, où la prévalence saisonnière est forte. Elle consiste à administrer par voie orale aux enfants de moins de cinq ans une combinaison d’antipaludéens pendant la saison à haut risque de transmission. Cette méthode est particulièrement bénéfique dans des contextes de malnutrition et d’anémie, car elle permet de réduire le nombre de cas compliqués dans des pays où l’accès aux soins est limité. La combinaison du paludisme et de la malnutrition est particulièrement mortelle chez les enfants, et les premiers résultats (en 2013) de cette méthode ont montré une forte réduction de la mortalité (chez les enfants nigériens). Au Niger, la CPS est désormais inscrite dans la stratégie nationale de lutte contre le paludisme.

Toutefois cette stratégie «saisonnière» n’est pas applicable dans d’autres pays dans lesquels nous intervenons, où le paludisme est transmis toute l’année – c’est le cas en République démocratique du Congo, République centrafricaine, Soudan du Sud et au Cameroun. D’autres stratégies préventives sont en cours d’élaboration  pour ces régions.

Les équipes de MSF sont également particulièrement vigilantes dans certaines situations (catastrophes naturelles, saison des pluies, déplacements de populations) qui peuvent favoriser l'apparition d'épidémies. Dans ces contextes, MSF se tient prête à intervenir et se prépare en assurant l’approvisionnement de médicaments et de Tests de Diagnostic Rapide (TDR) dans les structures de santé, mais aussi en effectuant des distributions de moustiquaires imprégnées d’insecticides aux populations.

En résumé, le paludisme reste l’une des maladies tropicales les plus mortelles, et malgré quelques améliorations, un effort de tous les partenaires de santé est urgent. Les pays en crise nutritionnelle ou en conflit sont particulièrement touchés, également parce que les stratégies préventives et curatives y sont plus difficiles à appliquer.

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