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MSF demande des investissements durables pour lutter contre la tuberculose chez les enfants
4 min
Dans le contexte d’une riposte à la tuberculose déjà insuffisamment financée, les enfants sont encore plus marginalisés lorsque les services sont perturbés par les réductions d’aide, les conflits ou les déplacements de populations. Les outils pour diagnostiquer et traiter la tuberculose chez les enfants existent, même s’ils restent imparfaits. Pourtant, seule la moitié des enfants concernés sont diagnostiqués ou pris en charge. Pour que la lutte globale contre la tuberculose soit réellement efficace, les enfants doivent devenir une priorité immédiate.
Selon le Rapport mondial 2025 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la tuberculose, 1,2 million d’enfants et de jeunes adolescents de moins de 15 ans ont contracté la maladie en 2024. Le rapport souligne également qu’un pourcentage alarmant de 43 % d’entre eux n’ont pas été diagnostiqués ni pu accéder à un traitement en 2024. La situation est encore plus critique chez les enfants de moins de 5 ans atteints de tuberculose : seulement la moitié d’entre eux bénéficie d’un diagnostic et d’une prise en charge. Par ailleurs, la combinaison des perturbations des services de lutte contre la tuberculose, liées aux récentes baisses de financements internationaux, et d’un nombre record de personnes déplacées dans les pays les plus touchés laisse présager une hausse du nombre d’enfants non diagnostiqués et non traités.
Les équipes de MSF sont souvent confrontées à des enfants atteints de tuberculose dont la prise en charge est retardée, faute de méthodes diagnostiques adaptées ou disponibles, ou simplement parce que la maladie n’est pas envisagée par les médecins.
Malgré cette situation préoccupante, il est possible de mieux repérer les enfants qui échappent au diagnostic et au traitement de la tuberculose en appliquant pleinement les recommandations de l’OMS. Par exemple, chez les enfants de moins de 10 ans, l’utilisation des algorithmes décisionnels thérapeutiques recommandés par l’OMS constitue une approche efficace : ces outils, basés sur des systèmes de scores, permettent aux soignants de poser un diagnostic à partir des seuls signes cliniques (éventuellement complétés par une radiographie, si disponible), notamment lorsque les tests de laboratoire sont indisponibles ou négatifs. Selon des recherches récentes menées par MSF dans cinq pays africains (Guinée, Niger, Nigeria, Soudan du Sud et Ouganda), le recours à ces algorithmes pourrait presque doubler le nombre d’enfants diagnostiqués et, par conséquent, mis sous traitement vital.
Au Mozambique, Francisco, 11 ans, a commencé à présenter des symptômes dès juillet 2024, mais ceux-ci ont été ignorés pendant plusieurs mois. Ce n’est qu’en mars 2025 qu’il a pu débuter un traitement approprié, longtemps après l’apparition des premiers signes d’alerte.
Au début, j’ai remarqué que mon enfant était affaibli et n’avait plus d’appétit. Les médecins n’ont d’abord réalisé aucun examen. Lorsque des tests ont finalement été effectués, ils n’ont rien révélé et on nous a dit que l’enfant n’était pas malade. Ce n’est qu’après une seconde visite à l’hôpital et de nouveaux examens qu’ils ont diagnostiqué une tuberculose résistante aux médicaments. Le traitement a mis longtemps à commencer, alors qu’il était malade depuis déjà huit mois.
La mise en œuvre des algorithmes décisionnels thérapeutiques de l’OMS au Niger a représenté un véritable signe d’espoir. En 2024 et 2025, près de la moitié des enfants de moins de 5 ans chez qui une tuberculose a été diagnostiquée dans le pays se trouvaient dans les cinq districts où MSF accompagne la mise en œuvre des algorithmes. Étendre ces méthodes à l’ensemble des 72 districts du Niger, en partenariat avec le ministère de la Santé publique et de l’Hygiène, pourrait considérablement réduire le retard de diagnostic chez les enfants et prévenir un plus grand nombre de décès.
Tout symptôme ignoré et toute décision thérapeutique retardée exposent les enfants atteints de tuberculose à des formes graves de la maladie, voire à la mort. Il est urgent que les gouvernements et les bailleurs internationaux fassent preuve de volonté politique et renforcent leurs investissements afin de garantir l’accès de tous les enfants aux outils vitaux de prévention, de diagnostic et de traitement de la tuberculose.