Un médecin de la Direction de la santé examine un bébé au centre de soins de santé primaires d'Al-Qutaylibiyah, dans le gouvernorat de Lattaquié, en Syrie, soutenu par Médecins Sans Frontières.
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Un médecin de la Direction de la santé examine un bébé au centre de soins de santé primaires d'Al-Qutaylibiyah, dans le gouvernorat de Lattaquié, en Syrie, soutenu par Médecins Sans Frontières.
© Oday Alshobaki/MSF

Soutenir les soins de santé primaires en Syrie

L’accès aux soins de santé reste difficile pour des millions de personnes en Syrie après des années de conflit, de déplacements de population et de dégradation du système de santé. Les lacunes dans les services, les pénuries de médicaments et de matériel, ainsi que l’état des établissements de santé continuent d’affecter les soins disponibles pour les communautés. Pour les personnes qui se reconstruisent après des années de conflit, l'accès à des services de soins de santé primaires fonctionnels est essentiel pour leur permettre de recevoir à des soins de proximité et de reprendre le cours de leur vie.

Mohammad Khaled a été déplacé de Salma, dans le gouvernorat de Lattaquié, en 2014 et a vécu dans la campagne d'Idlib pendant une dizaine d'années avant de rentrer chez lui. 

Lorsque nous sommes revenus pour la première fois, tout était détruit. Il n'y avait ni dispensaires, ni hôpitaux, rien.

Mohammad Rahhal, superviseur infirmier de MSF à Salma.

Il constate que certains services essentiels reviennent progressivement. À Salma, une ville fortement touchée par des années de conflit et où les habitants reviennent peu à peu, MSF soutient la Direction de la santé depuis mars 2026 afin d'assurer les soins de santé primaires. Ce soutien a d'abord été apporté par une clinique mobile, puis avec la reprise des activités au centre de soins de santé primaires, réhabilité par le ministère de la Santé avec l'appui de l'UNICEF. L'aide de MSF comprend la mise à disposition de personnel, de matériel médical ainsi que le renforcement des capacités des équipes. 

D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 12,8 millions de personnes en Syrie avaient besoin d’une assistance sanitaire en juin 2026. L’accès aux soins reste un défi majeur : seulement 39% des centres de santé primaires et 59% des hôpitaux évalués par le système de surveillance des établissements de santé HeRAMS de l’OMS sont pleinement fonctionnels, tandis que les coûts, la disponibilité géographique et les pénuries continuent de limiter l’accès effectif aux soins. 

L’OMS signale également que les frais de élevés et à la charge des patients demeurent un obstacle majeur à l’accès aux soins en Syrie. Ces difficultés sont aggravées par la crise économique. L’inflation persistante, le chômage et la perte de revenus affectent la capacité des familles à répondre à leurs besoins essentiels, certaines étant contraintes de retarder ou de renoncer à des soins médicaux. Pour les familles déjà sous pression financière, les coûts combinés du transport, des consultations, des médicaments et des examens médicaux peuvent même déterminer si elles peuvent se faire soigner. 

À Tsil, dans le gouvernorat de Deraa, Hawas Ali, originaire de Deir ez-Zor et aujourd’hui installé et employé près de Tsil, explique que le coût des soins privés peut rapidement devenir inaccessible. 

Les médecins du secteur privé sont chers. Tout est cher.

Mohammad Rahhal, superviseur infirmier de MSF à Salma.

Au centre public de médecine familiale de Tsil, les équipes de MSF travaillent aux côtés de la Direction de la santé pour proposer gratuitement des consultations médicales, des soins de santé sexuelle et reproductive, des activités de santé mentale, des médicaments ainsi que des transferts vers des structures de soins adaptées. 

En septembre 2026, près de 15 000 consultations médicales générales y avaient déjà été réalisées, ainsi que plus de 1 500 consultations en santé sexuelle et reproductive et plus de 240 références médicales. 

Avant que MSF commence à soutenir le centre de soins de santé primaires d’Al-Qutaylibiyah, dans le gouvernorat de Lattaquié, les ruptures d’approvisionnement en médicaments représentaient une charge financière supplémentaire pour les patients. Docteur Nagham Al-Alouni, responsable du centre, explique que les patients pouvaient être examinés dans l’établissement public mais devaient souvent acheter eux-mêmes une grande partie de leur traitement dans des pharmacies privées. « La plupart des médicaments devaient être achetés en pharmacie, ce qui signifiait que les patients supportaient eux-mêmes la majeure partie des coûts », explique Dr. Al-Alouni.

Plus de 20 centres de santé primaires soutenus par MSF à travers la Syrie

MSF soutient les équipes de la Direction de la santé au sein du centre en fournissant médicaments, matériel médical et services de laboratoire, ainsi qu’en assurant des formations, des travaux de réhabilitation et des améliorations des circuits de triage et de prise en charge des patients. Ce soutien comprend également le suivi des personnes atteintes de maladies chroniques, telles que le diabète ou l’hypertension, pour lesquelles la continuité des traitements et l’accès régulier aux médicaments sont essentiels. 

Au cours de l’année 2026, MSF a soutenu plus de 20 centres de soins de santé primaires dans dix gouvernorats : Alep, Idlib, Raqqa, Hassaké, Deir ez-Zor, Homs, Deraa, Rif-Damas, Lattaquié et Soueïda, en collaboration avec les autorités sanitaires. 

Entre janvier et septembre 2026, plus de 216 000 consultations médicales générales ont été réalisées dans les centres de santé primaires soutenus par MSF. Ces activités comprenaient également plus de 25 000 consultations pour maladies chroniques non transmissibles, 6 700 consultations prénatales, 5 200 consultations de planification familiale ou de contraception, 4 100 consultations individuelles, de couple ou familiales en santé mentale, ainsi que 2 600 séances de groupe en santé mentale. 

*Remarque  : Ces chiffres correspondent aux données consolidées de MSF disponibles en septembre 2026. Les périodes de reporting varient selon les structures et le nombre de consultations ne correspond pas au nombre de patients uniques.

Soutenir la continuité des services de santé 

MSF travaille aux côtés des équipes de la Direction de la santé afin de renforcer les services existants et, lorsque cela est possible, d’assurer leur continuité après la fin de l’implication directe de MSF. 

À Darat Izza, dans le gouvernorat d’Alep, MSF a mis fin, en mars 2026, à plus de trois années de soutien direct aux centres de soins de santé primaires. Lors de la passation des activités avec ministère de la Santé, MSF a fourni des médicaments et d’autres formes d’assistance afin de préserver la continuité des soins. 

Dans le gouvernorat de Soueïda, les activités soutenues par MSF dans les centres de soins de santé primaires de Soueïda et d’Arman ont également pris fin en juin 2026. Les services ont été transférés aux autorités sanitaires, avec un accompagnement destiné à garantir la continuité des soins. 

En septembre 2026, MSF, en collaboration avec la Direction de la santé, a inauguré le centre de soins de santé primaires d’Al Nashwa, dans la ville d’Al Hassaké, au nord-est de la Syrie, à la suite de travaux de réhabilitation et d’agrandissement. Auparavant spécialisé dans la prise en charge des maladies chroniques, le centre propose désormais une offre de soins plus large, comprenant notamment des services de santé reproductive et un accompagnement des survivants de violences sexuelles et basées sur le genre. 

À Deir ez-Zor, MSF a récemment commencé à soutenir un centre de soins de santé primaires déjà existant dans le village de Boqruss Foqani, où les équipes appuient la Direction de la santé en fournissant des consultations médicales externes et des services de santé reproductive. Toujours en septembre 2026, MSF a également commencé à soutenir quatre centres de soins de santé primaires dans le gouvernorat de Rif-Damas : Sayyeda Zeinab, Ghizalaniyyeh, Maliha et Hajar al-Aswad.

Les soins de santé sont l’un des services les plus importants pour permettre aux populations de revenir.

Mohammad Rahhal, superviseur infirmier de MSF à Salma.

Son expérience illustre l’importance de rétablir l’accès aux soins de santé en parallèle des autres services essentiels, afin d’accompagner la reconstruction des communautés.