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Honduras : MSF soutient une campagne de vaccination à San Pedro Sula
Honduras 5 min
Bonjour, Tikamaya. Médecins Sans Frontières et le ministère de la Santé vous invitent à participer à la campagne de vaccination dans votre communauté. Nous vaccinons les enfants de moins de cinq ans
Au cours de l’année écoulée, les autorités sanitaires ont constaté une baisse de la couverture vaccinale en dessous du seuil nécessaire pour garantir l’immunité collective. Cette situation a exposé les enfants à des flambées de maladies évitables par la vaccination, et chez des enfants de moins de cinq ans, des cas de décès ont été reportés pour la coqueluche, la varicelle, le tétanos néonatal, de même que des cas suspects de rougeole.
« À ce moment-là, le ministère hondurien de la Santé (connu sous son acronyme espagnol SESAL) et la direction de la santé de la Région métropolitaine de San Pedro Sula avaient émis une alerte rougeole et venaient d’achever leur campagne nationale de vaccination, qui n’avait atteint que 32 % de la population cible, explique Karla Asencio, responsable des activités de vaccination de MSF à San Pedro Sula. Ils craignaient que, si un cas confirmé de rougeole survenait, ils ne seraient pas en mesure de vacciner rapidement le reste de la population en cas d’aggravation de la situation. La couverture vaccinale restait très insuffisante, alors qu’un taux d’au moins 95 % de la population cible est nécessaire pour protéger les enfants et prévenir les épidémies. L’alerte reste d’ailleurs en vigueur. »
Les campagnes de vaccination se sont déroulées entre novembre et décembre, avec le déploiement d’une équipe MSF de 41 personnes – infirmier·ère·s, aides-soignant·e·s, éducateur·rice·s communautaires et motocyclistes pour conduire les équipes. Ces professionnel·le·s ont travaillé en étroite collaboration avec le SESAL à Tikamaya et dans 16 autres communautés identifiées par les autorités sanitaires comme prioritaires.
Résultats de la première phase
Lors de cette première phase, les équipes ont été confrontées à une certaine résistance vaccinale, se traduisant par des refus et des craintes exprimées par une partie de la population, en particulier lorsqu’il s’agissait de vacciner les enfants.
De nombreuses informations erronées et des mythes circulent, qui ont été amplifiés depuis la pandémie de Covid-19. En conséquence, certaines mères hésitent à faire vacciner leurs enfants, par peur d’éventuelles complications ou parce qu’elles doutent de la nature des vaccins administrés.
Au total, 1 692 enfants ont été identifié·e·s au cours de cette première phase. Parmi eux·elles, 481 enfants (28 %) disposaient déjà d’une vaccination complètet. Les équipes ont ainsi vacciné 669 enfants, ce qui représente une couverture de 68 % parmi les enfants identifié·e·s, y compris 86 enfants dont le calendrier vaccinal était en retard. Ces résultats soulignent la nécessité de poursuivre et de renforcer les stratégies de rattrapage vaccinal.
Lors des visites porte-à-porte, 175 enfants (10 %) ont été trouvé·e·s seul·e·s à leur domicile ou sous la responsabilité d’adolescent·e·s, ce qui n’a pas permis leur vaccination en l’absence de consentement parental. Par ailleurs, 367 refus de vaccination ont été enregistrés, soit 22 % des cas.
Afin de mieux comprendre les causes de l’hésitation vaccinale, MSF a mené une enquête auprès des communautés concernées. En réponse, une équipe dédiée de promotion de la santé a été mise en place pour la deuxième phase de la campagne, qui a débuté fin janvier 2026. Dans les jours précédant l’arrivée des équipes de vaccinations, celle-ci a organisé des séances d’information et de sensibilisation avec des responsables communautaires, des représentant·e·s locaux·ales et d’autres acteurs clés, afin de favoriser l’acceptation des vaccins.
« La première phase a été particulièrement difficile, ajoute Karla Asencio. Il était éprouvant de constater que des enfants n’étaient pas vacciné·e·s malgré nos efforts pour expliquer son importance. Pour cette deuxième phase, après avoir renforcé la sensibilisation au sein des communautés, nous observons un changement. Les ateliers et les séances d’information portent leurs fruits : les habitant·e·s nous attendent, connaissent les vaccins et les acceptent davantage. ».
En parallèle de la vaccination, les équipes ont également distribué des suppléments de vitamine A et des traitements contre les parasites aux enfants âgé·e·s de deux à cinq ans. Elles ont évalué l’état nutritionnel des enfants, identifié des cas de malnutrition aiguë et modérée, et orienté ces enfants vers les structures de santé appropriées. Par ailleurs, plus de 2 106 adolescent·e·s et adultes ont reçu des vaccins contre la grippe et des doses de rappel contre la rougeole.
MSF reste engagée à combler les lacunes en matière de vaccination chez les enfants, les adolescent·e·s et les adultes. Cela s’est fait en coopération avec les autorités et les acteurs clés de la municipalité de San Pedro Sula, afin d’améliorer l’accès à ces services essentiels. La vaccination est l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir les épidémies dans la région. L’hésitation vaccinale constitue un obstacle qui ne peut être surmonté qu’en impliquant pleinement les communautés dans le processus.