Dans le quartier de Shujaeyya à Gaza, une femme porte son enfant pour rentrer chez elle à travers les décombres.
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Dans le quartier de Shujaeyya, sur la rue Bagdad à Gaza, une femme porte son enfant pour rentrer chez elle à travers les décombres.
© Motassem Abu Aser

Gaza : nos réponses à vos questions

Questions fréquemment posées sur notre travail à Gaza et notre engagement à rester impartiaux et neutres.  

Médecins Sans Frontières apporte une contribution essentielle aux soins médicaux vitaux dans la bande de Gaza. Cependant, compte tenu des besoins énormes de la population, cette aide est insuffisante. Israël a pris des mesures visant à mettre fin au travail des organisations non gouvernementales – dont Médecins Sans Frontières – à Gaza et en Cisjordanie, en ne renouvelant pas leur enregistrement. De plus, les organisations humanitaires sont victimes d'intimidations, de pressions politiques et de campagnes de diffamation de la part des autorités israéliennes, tant dans le cadre de leur travail sur le terrain que lorsqu'elles s'expriment publiquement sur la situation humanitaire.

Nous répondons ci-dessous aux questions fréquemment posées sur notre travail dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

Médecins Sans Frontières soutient actuellement deux hôpitaux publics dans la bande de Gaza et gère deux hôpitaux de campagne. Les équipes travaillent également dans quatre centres de soins de santé généraux et trois autres cliniques. En outre, six nouveaux points de prise en charge ont été ouverts, où sont assurés des soins des plaies et des soins médicaux de base.

Depuis le 1er mars 2026, à la suite de la demande d’Israël faite à 37 organisations non gouvernementales, dont Médecins Sans Frontières, de quitter Gaza et la Cisjordanie, seuls nos collègues palestiniens assurent l’aide sur place (environ 1 300 collaborateurs).

Rien qu’en 2025, les équipes de Médecins Sans Frontières ont réalisé près de 800 000 consultations ambulatoires, soigné plus de 100 000 blessés, effectué 22 700 interventions chirurgicales, administré 45 000 vaccinations et proposé plus de 40 000 consultations psychologiques individuelles et séances de groupe. Elles ont également distribué plus de 700 millions de litres d’eau et produit près de 100 millions de litres d’eau potable. 

De nombreux services fournis par Médecins Sans Frontières sont aujourd’hui difficilement accessibles, voire inexistants ailleurs à Gaza, en raison de la destruction du système de santé et des infrastructures.


Réponse mise à jour le 21 avril 2026.

Médecins Sans Frontières est pleinement enregistrée auprès des autorités palestiniennes et est, à ce titre, autorisée à travailler dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

Nous œuvrons pour maintenir notre aide humanitaire dans un environnement de plus en plus contraignant. En tant que puissance occupante, les autorités israéliennes sont tenues de garantir l’acheminement de l’aide humanitaire. Les gouvernements du monde entier doivent veiller au respect des décisions de la Cour internationale de justice, notamment en facilitant la fourniture immédiate et effective de l’aide humanitaire.

Aux côtés de 18 autres organisations humanitaires, Médecins Sans Frontières a déposé un recours devant la Cour suprême israélienne afin de contester l’interdiction imposée à 37 ONG d’opérer dans les territoires palestiniens occupés.


Réponse mise à jour le 21 avril 2026.

Depuis le début du mois de janvier, les autorités israéliennes empêchent Médecins Sans Frontières de faire entrer du personnel international et des fournitures supplémentaires à Gaza et en Cisjordanie. Le personnel international restant a été contraint de quitter le territoire. Ces restrictions privent nos équipes médicales de ressources essentielles et de compétences techniques indispensables.

Nos programmes médicaux sont déjà confrontés à des pénuries importantes. Les équipes s’inquiètent en particulier de leur capacité à continuer d’assurer les soins d’urgence aux blessés, les services de réadaptation, les soins pédiatriques, la santé sexuelle et reproductive, ainsi que la prise en charge des maladies chroniques et des troubles psychiques. Dans ces conditions extrêmement restrictives, la poursuite de nos activités à long terme est incertaine.

Malgré tout, Médecins Sans Frontières reste déterminée à soutenir la population palestinienne à Gaza et en Cisjordanie. En tant que puissance occupante, Israël est tenu par le droit international de garantir l’aide humanitaire.


Réponse mise à jour le 21 avril 2026.

Depuis des mois, Médecins Sans Frontières tente d’établir un dialogue avec les autorités israéliennes afin de renouveler son enregistrement. En accusant notre organisation et d’autres ONG de ne pas coopérer, et en menant des campagnes de diffamation et de dénigrement contre les organisations humanitaires, Israël cherche à restreindre arbitrairement l’accès des Palestiniens à des soins médicaux vitaux et à empêcher l’observation indépendante de la situation sur le terrain. Ce type d’accusations contribue à la délégitimation ciblée du travail humanitaire, et donc des personnes qui fournissent une aide vitale dans des conditions extrêmement difficiles.

Ces accusations s’inscrivent dans un schéma bien connu : parallèlement à de nombreux obstacles physiques et bureaucratiques, elles sont utilisées pour limiter l’entrée et la distribution de l’aide humanitaire.

Des mesures similaires ont déjà été prises à l’encontre de l’UNRWA. Ces accusations servent à justifier des actions en contradiction manifeste avec les déclarations du gouvernement israélien, selon lesquelles l’aide humanitaire serait facilitée à Gaza.


Réponse mise à jour le 21 avril 2026.

Non.

À titre exceptionnel, après des mois de négociations infructueuses, Médecins Sans Frontières a informé les autorités israéliennes qu’elle envisagerait de transmettre une liste restreinte de noms, sous conditions strictes.

Nous avons exigé que les autorités israéliennes garantissent :

- que les informations soient utilisées uniquement à des fins administratives ;

- que les collègues concernés ne soient pas mis en danger ;

- que Médecins Sans Frontières conserve le contrôle total de la gestion du personnel et des fournitures médicales ;

- que cessent toute communication diffamatoire mettant en péril la sécurité de nos équipes.

Ces garanties n’ayant pas été fournies, nous avons conclu que nous ne transmettrions aucune donnée relative à notre personnel. À aucun moment du processus d’enregistrement, Médecins Sans Frontières n’a transmis de données concernant ses collaborateurs aux autorités israéliennes.


Réponse mise à jour le 21 avril 2026.

Notre décision de qualifier la situation à Gaza de génocide repose sur des informations directes recueillies par nos équipes sur le terrain. Cette qualification résulte d’une réflexion approfondie, fondée sur près de deux années d’observations directes et continues de nos équipes sur le terrain. Les équipes de Médecins Sans Frontières sont témoins d’un génocide à Gaza, perpétré par les forces israéliennes.

Elles constatent les effets des massacres de masse, des déplacements forcés, de la destruction d’infrastructures civiles essentielles et d’un siège implacable privant la population de nourriture, d’eau, de médicaments et d’autres biens humanitaires indispensables. Les autorités israéliennes détruisent méthodiquement les conditions mêmes de la vie palestinienne dans la bande de Gaza. Nul n’est épargné.  

Nos équipes sont aujourd’hui témoins d’actions ciblées menées par l’armée et le gouvernement israéliens qui, mises bout à bout, ne laissent qu’une conclusion logique : il existe une volonté d’éliminer la population palestinienne de Gaza. Ces actions comprennent le blocus, à motivation politique, de l’aide humanitaire essentielle (nourriture, médicaments, carburant), l’utilisation délibérée de la faim comme moyen de punition collective, la destruction ciblée d’établissements de santé, les attaques contre les civils et les infrastructures, les déplacements forcés à l’intérieur de la bande de Gaza, ainsi que l’instrumentalisation politique et militaire de l’aide humanitaire par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF). Les populations sont même attaquées sur les points de distribution de la GHF lorsqu’elles tentent d’accéder à l’aide. Ces mesures privent systématiquement les Palestiniens et Palestiniennes de Gaza des moyens de survivre et les visent directement. C’est la réalité indéniable que nos équipes observent et documentent chaque jour. Nous estimons qu’il est de notre devoir moral et humanitaire de nous exprimer clairement et sans ambiguïté.

C’est pourquoi nous affirmons : ce qui se passe à Gaza est un génocide. 


Réponse mise à jour le 12 février 2026.

Comme partout ailleurs dans le monde où nous intervenons, Médecins Sans Frontières coopère également avec les autorités sanitaires locales dans la bande de Gaza. Le ministère de la Santé de la bande de Gaza fait partie de l’administration civile du Hamas. Nous travaillons dans le strict respect des principes humanitaires de neutralité et d'impartialité, et nous fournissons des soins médicaux uniquement en fonction des besoins.

Le ministère de la Santé ne peut pas nous donner d'instructions. Nous faisons une proposition, par exemple pour la construction d'un hôpital provisoire ou la prise en charge des activités d'un service d'un hôpital existant, qui est ensuite acceptée par toutes les parties, c'est-à-dire par le ministère palestinien de la Santé et les autorités israéliennes.


Réponse mise à jour le 12 février 2026.

Nous avons été horrifiées par le massacre de 1 200 personnes en Israël par le Hamas, et nous condamnons sans aucune équivoque ces attaques. Nous sommes horrifiés par la spirale de violence et les tragédies qui touchent les deux parties. Nos communications sont guidées par ce que nos équipes médicales voient sur le terrain et par leur travail dans les structures médicales que nous soutenons. C'est pourquoi nous dénonçons le génocide en cours à Gaza. Nous prenons la parole publiquement lorsque nous sommes témoins de souffrances inacceptables, d'attaques contre des structures de santé, du refus d'accès à ces structures et lorsque les parties au conflit ne protègent pas les civils. 


Réponse mise à jour le 12 février 2026.

Ces accusations sont dangereuses. Elles compromettent notre travail vital dans la bande de Gaza. Médecins Sans Frontières n'emploie sciemment aucune personne impliquée dans des activités militaires. Les collaborateurs ayant des liens avec des groupes armés représenteraient un risque considérable pour nos équipes et nos patients. C'est pourquoi tous nos collaborateurs à travers le monde doivent adhérer à la charte de Médecins Sans Frontières, fondée sur l'indépendance, les principes humanitaires et l'éthique médicale.

Le processus de recrutement de Médecins Sans Frontières comprend des vérifications approfondies, des contrôles des antécédents et des références, l'examen des CV et des périodes d'essai. En outre, nous avons mis en place une procédure de vérification et de contrôle renforcée pour toutes les nouvelles recrues dans cette zone d'intervention. Médecins Sans Frontières agit partout dans le strict respect des principes de neutralité, d'impartialité et d'indépendance, et fournit des soins médicaux uniquement en fonction des besoins, indépendamment des rapports de force ou des convictions politiques. Le soutien apporté au système de santé dans la bande de Gaza est purement humanitaire et n'a aucun fondement idéologique.


Réponse mise à jour le 12 février 2026.

Médecins Sans Frontières a repris ses activités médicales essentielles à l’hôpital Nasser le 13 avril 2026, après avoir suspendu toutes les activités non critiques pour des raisons de sécurité. Cette décision faisait suite à des incidents inacceptables : présence de personnes armées, intimidations, arrestations arbitraires de patients et soupçons de déplacement d’armes à proximité de l’établissement.

Des améliorations concrètes ont depuis été mises en œuvre, notamment pour limiter l’accès des personnes armées, permettant à nos équipes de travailler de nouveau en sécurité et conformément à nos principes. Les équipes assurent désormais des consultations ambulatoires, de la physiothérapie, de l’ergothérapie, des soins de santé mentale et des traitements innovants pour les brûlures, tandis que les soins traumatologiques et orthopédiques n’ont jamais été interrompus.

L’hôpital Nasser est l’un des derniers hôpitaux encore partiellement fonctionnels à Gaza. Il doit être protégé, ne pas être utilisé à des fins militaires par quelque partie que ce soit, et être respecté en tant qu’établissement médical civil conformément au droit international humanitaire.


Réponse mise à jour le 17 avril 2026.

Réunies sous une seule charte, les équipes de Médecins Sans Frontière rassemblent des professionnels de santé, des logisticien·ne·s et du personnel administratif de dizaines de nationalités, tant internationaux·ales que locaux·ales. Après évaluation des besoins des communautés touchées, nous fournissons une aide conforme à l'éthique médicale et aux principes de l'action humanitaire. 

L'impartialité est la pierre angulaire de la mission de Médecins Sans Frontières. Nous apportons notre aide sans discrimination, en donnant la priorité aux personnes les plus directement menacées. Médecins Sans Frontières opère dans un esprit de neutralité et ne prend pas parti lors des conflits armés. Cependant, nous pouvons dénoncer et critiquer publiquement les obstacles à notre travail humanitaire et les violations du droit international. 

Dans les situations de conflit, Médecins Sans Frontières témoigne de la détresse des victimes, en particulier des civils, et à cet égard, nous ne mâchons pas nos mots. 

Nos équipes rapportent ce qu'elles voient de leurs propres yeux et ce qu'elles vivent elles-mêmes à Gaza et en Cisjordanie.

De nombreux·euses observateur·rice·s, expert·e·s juridiques, organisations de défense des droits humains et plusieurs rapports des Nations unies décrivent également la destruction totale de la bande de Gaza. Cela inclut le démantèlement du système de santé par Israël, le siège imposé sur le territoire, le mépris des civils et des infrastructures civiles, ainsi que la famine provoquée par la volonté humaine, qui font tous partie d'une campagne génocidaire. 


Réponse mise à jour le 12 février 2026.