28.11.2014 - Swaziland

VIH/sida: les stratégies communautaires doivent être accélérées

A la veille de la Journée mondiale de lutte contre le sida (le 1er décembre), MSF prévient que l’appel lancé par l’ONUSIDA pour «combler l’écart» dans l’accès aux services concernant le VIH restera vain sans une refonte complète des approches actuelles. La distribution des traitements antirétroviraux doit être adaptée aux réalités des personnes vivant avec le virus.
Malawi, 17.11.2014
MSF dispense un traitement VIH à plus de 341 600 patients répartis sur 20 pays.
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L’expérience acquise sur le terrain par Médecins sans Frontières (MSF) et d’autres organisations a démontré que les approches communautaires permettent aux personnes vivant avec le VIH d’avoir un accès plus facile et moins coûteux aux traitements antirétroviraux. À ce titre, elles constituent des stratégies clés qui permettent de maintenir davantage de personnes sous traitement, ce qui ralentit la transmission du virus au sein de la population. Bien que ces approches soient recommandées par l’OMS et l’ONUSIDA, leur mise en œuvre systématique demande un véritable changement dans la stratégie de lutte contre le VIH/sida. Responsabiliser les individus et les communautés, les considérer comme des partenaires et non comme des utilisateurs passifs des services de santé représente nécessairement un changement de paradigme.

«Nous ne parviendrons pas à améliorer l’accès au traitement VIH sans adapter nos actions. Les stratégies communautaires, qui ont pourtant fait leurs preuves depuis plusieurs années, ne sont pas encore universellement adoptées au-delà des discours actuels», déclare Dr Eric Goemaere, référent MSF sur le VIH/sida.

Les stratégies communautaires

Depuis 2007, MSF et d’autres organisations ont mis en place des stratégies communautaires visant à rapprocher les traitements des personnes vivant avec le VIH. Le fait de dissocier consultations et distributions de médicaments permet de faciliter l’accès au traitement, en évitant une perte de temps et des coûts pour les patients. Cette approche permet aussi d’améliorer l’adhérence des patients stables à leur traitement; celle-ci atteint plus de 90% dans les programmes en Afrique du Sud, au Malawi, au Mozambique, au Zimbabwe et au Kenya. Dans certains pays d’Afrique centrale et de l’Ouest qui tardent à déployer une riposte adéquate au VIH, des projets pilotes ont été mis en place et ont donné des résultats prometteurs, notamment en RDC et en Guinée.

Toutefois, ces stratégies ne sont pas suffisamment soutenues, promues et financées. Souvent, le personnel non-médical n’est pas reconnu et n’est pas inclus dans le financement du programme. En outre, les réglementations qui limitent la durée des prescriptions par patient réduisent les bénéfices de ces stratégies. Les gouvernements demeurent trop timides dans la responsabilisation des personnes vivant avec le VIH en limitant la distribution des médicaments et en n’autorisant pas le dépistage du VIH au niveau des communautés.

«La mise en place de modèles communautaires nécessite le plein pouvoir, la responsabilisation et l’engagement total des communautés de personnes vivant avec le VIH et des organisations de la société civile. Or, le financement de ces communautés ne fait que diminuer, ce qui nuit aux soins centrés sur le patient et à leur engagement dans la lutte contre le VIH. Il s’agit d’un chaînon manquant dans la réponse actuelle», affirme Amanda Banda, coordinatrice MSF des actions de plaidoyer dans la lutte contre le VIH.

En Afrique du Sud, Treatment Action Campaign (TAC), le plus grand groupe activiste, risque de ne plus recevoir suffisamment de financements après 15 années d’existence. Selon l’ONUSIDA, 59 % des ONG actives dans la lutte contre le VIH et les droits de l’homme ont vu leurs financements baisser en 2012.

Les systèmes de santé doivent faire preuve de flexibilité et accélérer la mise en place des modèles communautaires pour s’adapter aux besoins des patients. Les personnes vivant avec le VIH devraient pouvoir décider eux-mêmes comment s’approprier le traitement à vie. MSF appelle les gouvernements à adapter leur réponse aux besoins des personnes vivant avec le VIH, et demande aux partenaires internationaux de soutenir et financer ces stratégies.

MSF dispense un traitement VIH à plus de 341 600 patients répartis sur 20 pays. Sur les 35 millions de personnes vivant avec le VIH/sida, 71 % se trouvent en Afrique subsaharienne.

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