08.04.2015 - Liberia

MSF aide au redémarrage du système de santé publique au Libéria

Alors que le nombre de patients infectés par le virus Ebola a nettement diminué au cours des dernières semaines, MSF assiste le système de santé libérien dans la restauration des services médicaux.
Libéria, 18.02.2015
Hôpital pédiatrique MSF, Monrovia, février 2015

Le 20 mars dernier, un nouveau cas confirmé du virus Ebola a été détecté dans l'unité de transit ouverte par MSF en décembre 2014 au sein de l'hôpital Redemption à Monrovia. La patiente, décédée quelques jours plus tard, était le premier cas dans le pays depuis plus de deux semaines.

"Notre premier objectif reste d'identifier le plus vite possible ceux qui sont infectés par le virus," explique le Dr Hanna Majanen, responsable médicale. "Dans leur immense majorité, les patients qui nous sont référés aujourd’hui n’ont cependant pas Ebola, mais ils doivent d’abord être testés avant de recevoir la moindre assistance dans une structure de santé. Le personnel médical a peur, ce qui est compréhensible avec 372 travailleurs de la santé ayant contracté le virus depuis le début de l’épidémie, dont 179 sont morts".

Aucun test rapide n’est encore disponible pour Ebola et pour ceux qui souffrent d’une autre maladie, attendre les résultats du laboratoire implique de perdre un temps précieux. «Nous avons vu des gens mourir simplement parce qu'ils ne pouvaient pas obtenir à temps des soins médicaux», raconte Philippe Le Vaillant, chef de mission MSF au Libéria. "Ils étaient en général atteints de pathologies comme le paludisme sévère ou la typhoïde qui peuvent aussi tuer mais des femmes enceintes confrontées à des complications obstétricales ont connu le même sort."

Un système de santé affaibli

Bien que les centres de traitement d'Ebola soient maintenant en nombre suffisant au Libéria, la population peine à accéder aux services réguliers de santé publique. La plupart des installations médicales a aujourd'hui rouvert avec un niveau d'activité inférieur à celui d’avant l’épidémie et de nombreux patients demeurent réticents à consulter.

Après consultation avec le ministre de la Santé, MSF a décidé d'ouvrir un nouvel hôpital pédiatrique à Monrovia dans le but d'augmenter la capacité de traiter les urgences médicales non liées à Ebola. Cet hôpital ouvert 24/7 dispose de 46 lits pour les enfants de moins de 5 ans avec une capacité d’extension jusqu'à 100 lits. Des protocoles renforcés de prévention et de contrôle des infections ont été mis en œuvre afin de protéger le personnel et les patients du virus Ebola. "Cela inclut, par exemple, un triage plus rigoureux, des équipements de protection supplémentaires, plus d'espace entre les lits, des procédures renforcées de décontamination et de gestion des déchets», détaille le Dr Myriam Deguillen, directrice de l'hôpital MSF. "Il est crucial de rétablir la confiance envers le système médical pour les professionnels de santé et les patients. Leur sécurité est notre principale préoccupation."

En parallèle, MSF a aidé l’hôpital James David Junior (JDJ) de Paynesville à mettre à niveau les soins de santé materno-infantile en tenant compte du risque d’Ebola. Beaucoup d’admissions concernent actuellement des nouveau-nés dont la mère a été contrainte d’accoucher à domicile.

Soutien aux centres de santé

MSF a également soutenu 23 centres de santé dans les comtés de Montserrado et Grand Cape Mount avec le même objectif de mettre en place des pratiques médicales plus sûres. Des membres de la communauté assistent souvent à la formation. «J’ai besoin d'être rassuré avant d’envoyer à nouveau mes enfants au centre de santé quand ils sont malades au lieu d'acheter des pilules à la pharmacie. Je réalise maintenant qu’Ebola est pris au sérieux ici ", déclare Morris Gibson à la clinique TKG de Clara Town, une banlieue de la capitale libérienne.

"Ebola a fait tant de dégâts au Libéria, en Guinée et en Sierra Leone parce que leur système de santé était trop faible pour lui faire face», ajoute Philippe Le Vaillant. "Des améliorations significatives, notamment en termes de contrôle des infections et de surveillance épidémiologique, doivent permettre d'atteindre et de maintenir des standards de qualité plus élevés."

Pour Béatrice Jlaka, infirmière responsable de l'unité de soins intensifs à l'hôpital de JDJ : "Le virus nous a enseigné une dure leçon à tous. Beaucoup de nos collègues sont morts en luttant contre la maladie sans formation ni équipement approprié. Pour leur rendre hommage, nous devons toujours rester prudents. Je n’ai plus peur de venir travailler ; je me sens prête."

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