15.05.2013 - Irak

Irak: «les réfugiés syriens du camp de Domiz ne vivent pas dans des conditions décentes»

De retour de Domiz, Stéphane Reynier, coordinateur d’urgence pour MSF, décrit l’effet des mauvaises conditions de vie et de la surpopulation sur la santé des réfugiés syriens.
Domiz, Irak, 25.01.2013
Les réfugiés ne vivent pas dans des conditions décentes.

«Le système de santé en Syrie s’est effondré. La guerre a laissé une partie de la population sans accès aux soins. Ces deux dernières années, les enfants n’ont pas reçu leurs vaccins de routine à cause du conflit.

Chaque jour, de nouveaux réfugiés arrivent au camp de Domiz et s’entassent dans des tentes déjà bondées. La surpopulation augmente le risque de propagation de maladies transmissibles. L’état de santé des réfugiés s’est récemment détérioré.

Après un certain nombre de cas de rougeole déclarés dans le camp, en avril, nos équipes ont vacciné en collaboration avec le ministère irakien de la Santé plus de 19 500 personnes âgées de six mois à 29 ans contre la rougeole. La rougeole est l’une des principales maladies mortelles de l’enfance. Les campagnes de vaccination peuvent donc sauver des vies.

Nous avons profité que les gens soient rassemblés pour cette vaccination dans nos cliniques pour également les immuniser contre la méningite. Cette maladie peut aussi se propager rapidement dans un camp comme Domiz, où un grand nombre de personnes vivent les unes à côté des autres.

Manque d’eau

Les réfugiés ne vivent pas dans des conditions décentes. Une évaluation menée en avril a montré des inégalités claires dans les distributions d’eau. Plusieurs zones du camp ne recevaient que quatre litres d’eau par personne et par jour, alors que le minimum recommandé lors d’une urgence humanitaire est de 15 à 20 litres. Dans certains cas, les gens n’ont tout simplement pas accès à l’eau, ni à l’assainissement. C’est inacceptable.

Au cours des huit dernières semaines, le nombre de cas de diarrhée a triplé. Cette situation est traditionnellement liée à un manque d’accès à l’eau potable et à de mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement.

MSF a intensifié ses activités dans le domaine de l’eau et de l’assainissement dans le camp pour empêcher la détérioration de la santé des réfugiés. Nos équipes remplissent des camions-citernes dans des sources qu’elles ont identifiées et distribuent l’eau potable de tente en tente dans certaines zones du camp.

Dans nos consultations, la plupart des problèmes de santé que nous rencontrons sont liés aux mauvaises conditions de vie aggravées par le rude hiver qui a frappé la région cette année. Avec l’été qui arrive, nous nous attendons à ce que le thermomètre dépasse les 40 degrés. La chaleur peut conduire à une déshydratation sévère, en particulier parmi les jeunes et les vieux patients souffrant de diarrhée.»

Les activités de MSF à Domiz

MSF travaille à Domiz depuis mai 2012. L’organisation est le principal pourvoyeur de soins dans le camp. Elle a doublé le nombre de ses employés. Ils dispensent actuellement 3 500 consultations par semaine, organisent des campagnes de vaccination d’urgence et vont de tente en tente pour distribuer de l’eau potable

Les équipes de MSF sont en train de construire 140 nouvelles latrines dans les zones les plus négligées du camp. Elles prévoient de réhabiliter les latrines existantes et de pomper l’eau stagnante pour prévenir l’apparition de maladies. Plus d’un million de personnes ont fui la guerre civile en Syrie vers les pays voisins. Beaucoup d’entre elles traversent la frontière avec l’Irak.

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