VIH/sida

Swaziland, 29.11.2013
Swaziland, 29.11.2013
© Sven Torfinn
Myanmar, 30.04.2014
Deux infirmières de MSF tentent de réconforter un enfant tout en obtenant un échantillon de sang pour le test du VIH.
© Eddy McCall/MSF
Swaziland, 10.10.2013
Le diagnostic précis du VIH/sida repose sur des tests de laboratoire.
© Giorgos Moutafis
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Qu’est-ce que le VIH/sida et comment se transmet ce virus?

Le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine) est un virus qui détruit progressivement le système immunitaire. L’infection peut rester latente pendant plusieurs années ; pendant cette période, on dit qu’une personne est séropositive, c’est-à-dire qu’elle est porteuse du virus mais sans répercussion visible sur son état de santé. On parle de sida (syndrome de l'immunodéficience acquise) lorsque la maladie se déclare. Le malade présente alors des manifestations graves liées à un système immunitaire déficient (infections telle que la tuberculose, tumeurs).

La transmission du virus peut avoir lieu lors de relations sexuelles non protégées avec un partenaire infecté, de la mère à l'enfant pendant la grossesse et l'allaitement ou lors d'un contact avec du sang contaminé (injection avec aiguille souillée, transfusion, sang contaminé sur blessure).

35 millions de personnes vivent avec le VIH en 2013, dont 71% se trouvent en Afrique subsaharienne. Près de 90% des nouvelles infections ont lieu dans 30 pays.

Quelles sont les nouvelles stratégies de lutte contre le virus?

La nouvelle stratégie de MSF, en ligne avec les recommandations de 2013 de l’OMS, consiste à soigner les personnes atteintes du VIH avant qu’elles ne soient contaminées par des infections opportunistes telles que la tuberculose. Le traitement précoce permet de réduire la mortalité, l’apparition de nouvelles maladies et les hospitalisations. Cette stratégie bénéficie tant aux patients qu’à la société dans son ensemble, car en diminuant la charge virale, on réduit le risque de transmission du virus.

En complétant les centres de soin par des services de laboratoire et des instruments portables, il devient possible de mieux suivre un nombre plus important de personnes. La surveillance de la «charge virale», qui permet de mesurer le nombre de copies du virus présent dans le sang, est une autre avancée majeure. C’est un outil indispensable pour observer comment un patient prend ses médicaments, comment il réagit aux ARV ou s’il développe une résistance aux médicaments de première intention. Son utilisation permet de s’assurer que les médicaments antirétroviraux empêchent bien la réplication du virus.

Quelles approches MSF met-elle en place dans les projets VIH?

Depuis que de nombreux ministères de la Santé reçoivent des financements pour la provision d’ARV, MSF peut se focaliser sur la qualité du traitement et le développement de nouveaux modèles de prise en charge.

L’organisation travaille à mettre en place de meilleures stratégies de dépistage pour atteindre les groupes difficiles d’accès, trouver une meilleure façon de leur donner accès aux soins et innover pour que les personnes vivant avec le VIH gardent un traitement efficace toute leur vie. Ces trois priorités sont d’ailleurs partagés avec le programme de lutte contre la pandémie de VIH/sida de l’ONU (ONUSIDA), dont les objectifs pour 2020 sont d’ atteindre le taux de 90% des personnes vivant avec le VIH connaissant leur statut, 90% des personnes connaissant leur statut sous traitement et 90% de ceux-là avec une charge virale indétectable.

Depuis 2008, MSF travaille à la décentralisation des soins. Celle-ci consiste à aller au plus près des populations (en rapprochant les soins de leur domicile) pour favoriser le suivi du traitement à vie. Dans les pays aux ressources limitées, afin de décharger le système de santé du poids du suivi d’une cohorte de patients VIH, MSF a transféré les soins des hôpitaux aux cliniques de soins de santé primaires et opéré un transfert de tâches: celles assumées par les infirmières ont été confiées au personnel non-médical et à des patients experts (des personnes atteintes du VIH/sida et de la tuberculose formés pour sensibilser et conseiller d’autres personnes atteintes). Grâce à aux approches communautaires, nos équipes ont observé une meilleure acceptation des services médicaux par les populations touchées, une estime de soi renforcée et, parfois, une diminution de la stigmatisation, qui est un obstacle considérable dans l’accès aux soins.

En 2012, MSF a mis en place la méthode du traitement en guise de prévention et continue d’améliorer la prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME). Une femme diagnostiquée comme étant séropositive entame immédiatement un traitement antirétroviral à vie (PTME option B+), ce qui permet d’éviter la transmission du virus à son bébé pendant la grossesse et de la garder en bonne santé.

Quels défis persistent dans la lutte contre cette pandémie?

La persistance de maladies opportunistes prouve que de nombreuses personnes vivant avec le VIH ne sont pas sous traitement assez tôt. Les médicaments contre le VIH/sida les plus récent sont souvent trop chers, parce qu’ils sont encore sous brevet et qu’il n’y a donc pas de concurrence de la part des producteurs de génériques.

Mais en 2014, des patients au Myanmar ont commencé à recevoir un traitement oral pour la rétinite à cytomégalovirus (CMV), une affection opportuniste souvent négligée liée au VIH/sida et qui entraine une cécité permanente. Bien que le traitement soit disponible depuis 2001 dans les pays développés, des injections hebdomadaires dans l’œil étaient jusqu’à présent le seul remède accessible au Myanmar, alors que son administration était extrêmement inconfortable pour le patient et requérait des médecins formés à ce geste.

La Campagne d’accès aux médicaments essentiels (CAME), qui lutte pour que ceux qui habitent dans des pays pauvres aient accès aux mêmes traitements que ceux des pays développés, a longuement négocié avec l’entreprise pharmaceutique commercialisant le traitement pour le rendre accessible.
La CAME se bat aussi pour que les promesses de financement (notamment celles du Fond Mondial) soient tenues. Dans des pays où la prévalence du VIH/sida atteint des niveaux record et où les acteurs de la santé déploient des efforts considérables pour enrayer l’épidémie dans des conditions économiques difficiles, des dizaines de milliers de vies sont en jeu.

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