Malnutrition

RD Congo, 30.01.2009
Les programmes nutritionnels sont à la base de l'assistance médicale d'urgence.
Les équipes de MSF mettent en place des programmes de prise en charge de la malnutrition adaptés au degré de malnutrition:

Malnutrition sévère

En cas de malnutrition sévère, les équipes mettent sur pied des centres de type hospitalier, appelés "centres nutritionnels thérapeutiques". Chaque centre accueille au maximum 150 personnes, essentiellement des enfants. 

Leur état nutritionnel est évalué dès leur admission. Les enfants admis dans ce type de programme sont ceux ayant un rapport poids/taille inférieur à 70% de la normale, ou présentant des oedèmes nutritionnels (gonflements des chevilles, de la face...). 

  1. Une première phase de 3 à 4 jours consiste à leur donner 8 repas par jour, à base de lait, dont 2 pendant la nuit. Il faut compter en moyenne 1 litre et demi de lait par jour et par enfant. L'objectif est de les "renutrir" progressivement, mais surtout de réhabituer leur organisme à la digestion, le temps de rééquilibrer les désordres de leur métabolisme. 
  2. Passée cette première étape, les enfants entrent ensuite dans une phase de "réhabilitation nutritionnelle". L'objectif est alors de les faire grossir le plus rapidement possible. A ce stade, un enfant peut prendre, par jour, deux fois la ration alimentaire normale d'un enfant de son âge, ce qui équivaut presque à l'alimentation d'un adulte (2000 kilo-calories).

En parallèle au suivi nutritionnel, une surveillance médicale étroite est indispensable, afin de soigner les pathologies associées, dont les diarrhées et les infections. Elle est maintenue 24 heures sur 24 en début de traitement. 
De plus, les enfants sont vaccinés contre la rougeole dès leur admission pour prévenir cette maladie qui, lorsqu'elle se manifeste chez un enfant malnutri, se révèle très dangereuse (mort possible, complications pulmonaires graves). 

Malnutrition modérée

En cas de malnutrition modérée, les programmes consistent à apporter un supplément de nourriture sous la forme de bouillies deux fois par jour. Ils s'adressent aux enfants malnutris dont le rapport poids/taille est inférieur à 80% de la normale, ainsi qu'aux personnes les plus vulnérables: les enfants ayant subi certaines infections (une rougeole ou une shigellose, c'est-à-dire diarrhée sanglante), ainsi que les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes âgées et les orphelins isolés. 

Dans ces "centres de supplémentation", les équipes de MSF donnent quotidiennement les repas sur place ou distribuent des préparations déshydratées une fois par semaine, destinées à être préparées à la maison. Ils ne sont pas destinés à se substituer au repas familial, mais viennent en complément de la nourriture dont dispose déjà la famille. 

Les repas sont constitués de poudre de lait, de farine, d'huile et de sucre et enrichis de vitamines et de sels minéraux. Toute la nourriture peut être obtenue localement auprès du Programme Alimentaire Mondial (PAM) ou l'Unicef (le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance), ou encore achetée, par MSF, auprès de fabricants européens. 

En urgence, les équipes utilisent des aliments prêts à l'emploi, plus faciles à gérer, nécessitant peu de préparation et se conservant longtemps. A titre d'exemple, les besoins en nourriture pour un mois d'un centre thérapeutique accueillant 150 enfants sont de 1,7 tonnes de poudre de lait, une tonne et demie de farine, 418 kilos d'huile et 300 kilos de sucre. 

Les recherches menées sur les programmes nutritionnels et la prise en charge de la malnutrition aiguë sont conduites en collaboration avec Épicentre ainsi que d'autres agences et associations humanitaires.

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