Malnutrition - «priorité aux enfants»

Tchad, 11.09.2012
Le corps ne reçoit pas assez d'énergie ou de nutriments essentiels ce qui ralentit la croissance et affaiblit les défenses immunitaires.
© Florian Lems/MSF
Soudan, 29.07.2012
En 2011, 20 754 patients ont été traités pour malnutrition sévère en centres hospitaliers, 43.534 en ambulatoire.
© Nichole Sobecki
Niger, 30.08.2012
La première phase du traitement consiste à réhabituer leur organisme à la digestion, tout en soignant leurs complications médicales.
© Tanya Bindra
Ethiopie, 21.08.2012
Malnutrition – «priorité aux enfants de moins de cinq ans»
© Yann Libessart/MSF
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Nathalie Avril est référente spécialisée en questions de nutrition au département médical de MSF à Genève. Elle donne ici un aperçu de ce qu’est la malnutrition et de sa prise en charge par MSF à travers des programmes nutritionnels.

Pourquoi et quand mettre en place un programme nutritionnel?

L'objectif de ces programmes est de réduire la mortalité et la morbidité dues à des états de malnutrition. Leur mise en place est toujours précédée d'une évaluation nutritionnelle, dont les résultats permettent d'estimer les besoins et de définir les stratégies de prise en charge.

Les évaluations sont réalisées auprès d’enfants de moins de cinq ans, qui sont les premiers touchés par la malnutrition. L'analyse de leur état nutritionnel s'effectue, entre autres, par la mesure de la circonférence du bras (bracelet MUAC) ainsi que la détection d’œdèmes nutritionnels.

Les programmes nutritionnels sont à la base de l'assistance médicale d'urgence, plus particulièrement dans le cadre de conflits, de catastrophes naturelles comme la sécheresse, d’épidémies et de déplacements de populations. Dans ces situations, l’accès à la nourriture est inadéquat voire inexistant.

Concrètement, comment fait-on pour prendre en charge les enfants malnutris?

Lorsque les équipes MSF détectent des enfants souffrant de malnutrition sévère, elles proposent une prise en charge ambulatoire ou à l’hôpital selon leur état de santé. Dans les centres nutritionnels thérapeutiques ambulatoires, les enfants sont suivis de semaine en semaine via une consultation médicale. A chaque visite, ils reçoivent une ration hebdomadaire d’aliments thérapeutiques prêts à l'emploi, faciles à gérer, ne nécessitant pas de préparation et se conservant longtemps. Ces aliments thérapeutiques comprennent tous les nutriments (protéines, vitamines, minéraux,…) nécessaires à la renutrition et la croissance de l’enfant. Les familles peuvent ainsi traiter les enfants à la maison, avec un suivi hebdomadaire au centre de santé. Cette prise en charge ambulatoire permet de traiter un nombre important de patients avec moins de contraintes pour les familles.

En cas de complications médicales (pathologies associées telle que déshydratation sévère, infections), les enfants peuvent être accueillis dans une structure appelée «centre nutritionnel thérapeutique hospitalier». La première phase du traitement consiste à réhabituer leur organisme à la digestion, tout en soignant leurs complications médicales. Pendant leur prise en charge, ils sont aussi vaccinés contre la rougeole, une maladie qui va souvent de pair avec la malnutrition. Les enfants entrent ensuite dans une phase de réhabilitation nutritionnelle qui a pour but de les «renutrir» progressivement. A ce stade, ils peuvent être suivis dans le centre nutritionnel thérapeutique ambulatoire le plus proche de chez eux.

Il est rare que MSF prenne en charge des cas de malnutrition modérée, préférant concentrer ses activités sur la prise en charge de la malnutrition sévère, dont le risque de mortalité est bien plus élevé, ainsi que sur les stratégies de prévention. Par exemple, dans les zones vulnérables et pendant les périodes de «soudure», les équipes MSF peuvent être amenées, en l’absence d’autres acteurs, à procéder à des distributions à grande échelle d’aliments nutritionnels supplémentaires prêts à l’emploi (ASPE) destinés à prévenir la malnutrition des enfants. Dans certains contextes, les équipes peuvent aussi distribuer des rations alimentaires d’urgence à haute teneur énergétique pour les populations déplacées ou réfugiées.

MSF travaille en collaboration étroite avec le personnel de santé local, qui est formé par les équipes MSF. Nos équipes collaborent également avec des agents communautaires afin de dépister le plus tôt possible les signes de malnutrition chez les enfants, et parfois même assurer une prise en charge de la malnutrition, en partie au niveau communautaire, pour les villages trop éloignés des centres de santé.

Quelles sont les défis à venir ?

Des recherches menées sur les programmes nutritionnels et la prise en charge de la malnutrition aiguë sont conduites en collaboration avec Épicentre, avec d'autres agences et associations humanitaires ainsi qu’avec les unités de recherche d’universités. L’objectif de MSF étant d’améliorer en permanence la prise en charge et la prévention de la malnutrition.

Les défis à venir pour MSF porteront notamment sur la prise en charge nutritionnelle des femmes enceintes et allaitantes afin de limiter les risques de complications, mortalité et morbidité, tant pour la mère que pour l’enfant. Cette prise en charge nutritionnelle en amont chez les femmes enceintes permet aussi de prévenir la malnutrition chez l’enfant.

En 2011, 20 754 patients ont été traités pour malnutrition sévère en centres hospitaliers, 43.534 en  ambulatoire et 30.777 patients ont été traités pour malnutrition modérée.

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