Eau et assainissement

Pakistan, 08.08.2010
Améliorer les conditions d'hygiène participe à la lutte contre la propagation des épidémies.

Fournir de l'eau potable, cela signifie d'abord en trouver. Les lacs et rivières sont les sources d'approvisionnement les plus accessibles, mais souvent les plus polluées. Les sanitariens peuvent aussi chercher de l'eau dans des nappes souterraines, en forant ou en creusant des puits. L'eau n'est pas toujours naturellement potable, il faut donc en contrôler la qualité et la traiter, en filtrant l'eau, en la décantant, puis la désinfecter à l'aide de chlore. 

Il s'agit ensuite de la distribuer et donc la rendre accessible. Dans un camp de réfugiés, par exemple, les sanitariens doivent prévoir un point d'eau pour 200 à 250 personnes. L'eau doit également être stockée, la plupart du temps dans des jerricanes faciles d'utilisation et qui, à la différence des seaux, sont plus difficilement contaminables.

Améliorer les conditions d'hygiène participe à la lutte contre la propagation des épidémies. Les sanitariens prennent toujours en considération les habitudes des personnes prises en charge. Leur travail consiste donc à comprendre leur comportement par rapport aux maladies liées à l'environnement afin de trouver la meilleure solution de prévention (se laver les mains) et de former le personnel local sur des bases simples : garder propre ce qui est propre et éviter que le "sale" n'entre en contact avec le "propre".

Le second aspect du travail des sanitariens concerne l'élimination de tout ce qui peut propager les maladies : les excrétas, les matières fécales ; les eaux usées domestiques provenant de la toilette, la cuisine et la lessive ; les ordures ménagères ; et les vecteurs transmetteurs de maladie, comme les moustiques pour la malaria ou la fièvre jaune. Pour éliminer les excréta, la technique la plus fréquemment employée est la construction de latrines à fosse. 

Les sanitariens veillent à mettre en place des installations sanitaires adaptées au site, mais aussi à la population qui va les utiliser. Ils prennent en compte les comportements et les pratiques locales : le risque est que les installations soient mal utilisées ou endommagées et donc génèrent un nouveau problème sanitaire. Ainsi, dans un camp de réfugiés, les sanitariens construisent des latrines familiales (idéalement une pour vingt personnes).

Les sanitariens collectent les eaux usées par des systèmes de tranchées, les canalisent jusqu'à un site de traitement: l'objectif est d'éviter les eaux stagnantes. Ils regroupent et ramassent les ordures ménagères qui sont ensuite éliminées, soit dans des décharges contrôlées, soit par incinération.

Les mouches, moustiques, poux et puces, certains rongeurs comme les rats, mulots et souris peuvent être d'importants vecteurs de maladie. L'amélioration des conditions de vie et d'hygiène que permet l'assainissement est déjà une première réponse pour lutter contre leur prolifération. Moustiquaires et/ou insecticides sont également utilisés.

Pour trouver de l'eau, la rendre potable, la stocker et la distribuer, les sanitariens utilisent un matériel adapté. Il s'agit de kits d'intervention comprenant des moto-pompes, des tuyaux, des réservoirs souples, des rampes de distribution d'eau, permettant l'analyse bactériologique de l'eau ainsi que son traitement par décantation chimique et chloration. 

Il n'existe pas de profil type de "sanitarien". Ce sont des hydrauliciens, des techniciens sanitaires ou encore de simples logisticiens, ayant par exemple des compétences en hydrogéologie, dans le traitement de l'eau ou l'élimination des excréta. Au-delà de ces compétences techniques, les sanitariens sont surtout des personnes capables de comprendre les habitudes de vie et le comportement des populations.

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