Choléra

Haïti, 06.11.2010
Un patient atteint de choléra peut perdre jusqu’à 25 litres par jour.

Quelles sont les symptômes du choléra?

Après une incubation de 1 à 5 jours, la bactérie se localise au niveau du système digestif et produit une toxine qui inverse les flux d'eau au niveau de la paroi intestinale. Ceci a deux effets : d'une part, l'intestin sécrète de façon anormale l'eau du corps et d'autre part, les liquides avalés qui devraient êtres absorbés, ne le sont plus.

L'eau accumulée dans l'intestin est évacuée sous forme de diarrhées (très aqueuses, couleur eau de riz, indolores) et de vomissements très importants qui entraînent rapidement une déshydratation aiguë. Un patient atteint de choléra peut sécréter jusqu'à 25 litres par jour. Cette perte d'eau massive peut conduire à un état de choc (chute de la tension artérielle, pouls faible et rapide) et au décès.

La mortalité peut aller jusqu'à 50% en l'absence de traitement alors qu'elle s'abaisse à moins de 2% avec un traitement adéquat.

Chez un grand nombre d'individus (80%), la maladie reste bénigne ou même parfois sans symptômes.

Quelles sont les voies de transmission?

La bactérie est présente dans des eaux sales, stagnantes ainsi que dans certains mollusques et plantes aquatiques. La maladie est transmise par l'eau ou par des aliments contaminés.

Lors d'épidémie, la maladie se répand essentiellement par une contamination entre humains via un contact avec des selles ou des vomissements. Les patients qui ne présentent que peu ou pas de symptômes, sont également contagieux.

Le choléra est favorisé par une hygiène précaire, l'absence de traitement des eaux usées, des regroupements de populations (p.ex. camps de réfugiés) et des facteurs climatiques.

Comment peut-on prévenir cette infection?

Une épidémie peut être limitée en réduisant les sources de contamination. Cela veut dire fournir de l'eau de bonne qualité, favoriser des bonnes pratiques d'hygiène au quotidien (lavage des mains, cuisson des aliments, hygiène des locaux), mettre en place des latrines permettant une évacuation correcte des selles et traiter les eaux usées.

Il existe des vaccins anticholériques mais ils ne sont pas employés en raison de leur courte durée d'action qui limite une action préventive sur le long terme et en raison d'une efficacité tardive (deux doses nécessaires) qui limite leur utilisation en cas d'épidémie.

Comment peut-on diagnostiquer et traiter le choléra?

En début d'épidémie, des tests de laboratoire sur des prélèvements de selles sont pratiqués pour confirmer la présence et les caractéristiques de la bactérie. Une fois la nature de l'épidémie confirmée, le diagnostic repose ensuite sur les symptômes et l'examen du patient.

Le traitement du choléra est simple mais très efficace. Il faut réhydrater le patient afin de remplacer l'eau et les électrolytes comme le sodium et le potassium qui ont été perdus. On utilise pour cela des solutions orales ou une perfusion pour les cas plus graves.

Un traitement antibiotique peut également être administré dans les cas sévères. Celui-ci peut réduire l'intensité et la durée de la maladie mais ne remplace en aucun cas la réhydratation.

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