Chirurgie - Description

Syrie, 28.04.2013
Les chirurgiens interviennent dans des conditions souvent précaires et avec des moyens locaux parfois très limités.

Une économie de geste et de moyens

En urgence comme pour les programmes à moyen terme, l'équipe chirurgicale, et en particulier le chirurgien, commence toujours par dresser un bilan exhaustif de la structure hospitalière, de l'équipement et des ressources humaines locales. L'évaluation de l'équipement concerne avant tout la table d'opération qui se trouve souvent dans un état très délabré : l'essentiel est de pouvoir y allonger correctement les malades.

L'éclairage est également un souci majeur. La plupart du temps, les équipes sont amenées à opérer à la lumière du jour, ou doivent se contenter d'une simple lampe dont l'ampoule est parfois remplacée par le phare d'une voiture.
Lorsque le matériel d'opération manque ou est inutilisable, les chirurgiens apportent tout le nécessaire sous forme de "kits" (nécessaires sanitaires d'urgences). Leur utilisation obéit à une règle fondamentale : toute introduction de matériel - comme de procédure - risque de bousculer un équilibre précaire.

L'apport de matériel doit donc être mûrement réfléchi en fonction de la capacité de l'équipe locale à l'intégrer dans sa pratique. La même attention est nécessaire pour le choix des fils de suture et les chirurgiens n'utilisent que ceux qui sont indispensables. Moins ils sont nombreux, plus il est facile de gérer les achats, l'approvisionnement et leur utilisation par le personnel local. En général, huit fils différents suffisent. Pour ces deux aspects, l'économie de geste et de moyens est la règle essentielle à observer.

Dans les contextes d'urgence, les équipes chirurgicales utilisent des kits préconçus et stockés au département logistique de l'association à Bordeaux. Le kit "chirurgie 300 interventions" par exemple, permet d'ouvrir une mission chirurgicale dans une zone de conflit et assumer 300 interventions majeures en un mois dans une structure hospitalière de 100 lits.

Asepsie, décontamination, stérilisation

Avant tout acte opératoire, les équipes chirurgicales doivent s'assurer de l'asepsie, la décontamination et la stérilisation des outils et des lieux. Pour apprécier le niveau d'asepsie, une observation attentive des gestes du personnel local est indispensable. De même, les équipes analysent soigneusement les procédés de décontamination du sol, des plans de travail, du linge opératoire et des instruments, en prenant soin d'observer, par exemple, quelles sont les solutions antiseptiques utilisées ou le rythme des nettoyages. Le chirurgien évalue également les contraintes de stérilisation des instruments, afin de pouvoir les contrôler.

Contexte post-opératoire

Dans des conditions particulièrement précaires, la survie du malade dépend essentiellement de l'attention de la famille, s'il en a, et de la possibilité d'être blessé à nouveau par une pluie de balles perdues. Mais d'une manière générale, le nombre, la qualification du personnel local et surtout sa motivation ont un impact considérable sur la qualité des résultats. Les équipes veillent à prendre le temps, surtout au début, de comprendre comment sont faits les pansements, comment sont distribués les médicaments, si les perfusions tiennent la nuit et prennent soin de donner des recommandations acceptables pour le personnel.

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