01.12.2006 - Soudan

La réponse à une énigme aussi vieille que l'humanité

Je vais commencer par vous parler des conditions dans lesquelles nous vivons dans notre compound (1), histoire de choquer ma chère maman comme il se doit... :-)
Habila, Soudan, 2006
Habila, Soudan, 2006
© MSF
Habila, Soudan, 2006
Habila, Soudan, 2006
© MSF
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Situation géographique
Soudan
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Auteur
amy sage femme

A 31 ans, Amy a déjà exercé sa profession de sage-femme dans plusieurs endroits de la planète. Canadienne, originaire de Vancouver, en Colombie britannique, elle travaille aujourd'hui avec MSF dans la ville d'Habila, dans la province soudanaise du Darfour Occidental. Elle partagera dorénavant avec nous son travail au quotidien, ses impressions, ses rencontres.

Après une seule journée vécue au sein de MSF sur le terrain, je peux dire que j'ai un respect immense pour cette organisation. Les conditions de vie auxquelles j'étais habituée aux Philippines ou en Afghanistan ressemblent à celles d'un hôtel 5 étoiles par rapport à nos conditions de vie au Soudan. Dans notre compound, les toilettes sont « orientales » (un trou dans le sol) et nous n'avons pas de fenêtre pour nous protéger des violentes tempêtes de sable (d'où la présence de sable dans les tous les pores de ma peau). Le compound héberge 4 expatriés. On y trouve donc 4 couteaux. Et il n'y a PAS de ventilateur? Aujourd'hui, alors que j'étais à table en train de lutter pour ne pas succomber à la chaleur suffocante, j'ai demandé à A, l'administrateur, comment il était possible qu'il n'y ait pas un seul ventilateur à la ronde. Il m'a expliqué que le logisticien faisait très attention à la manière dont l'argent des donateurs était dépensé? « Notre survie n'est-elle pas une justification suffisante ? », lui ai-je rétorqué.
Apparemment pas. Si l'usage d'un ventilateur ne peut pas être justifié au Soudan, il ne l'est nulle part ailleurs sur Terre. La chaleur ici est impitoyable.

Mais poursuivons : ici, le lait provient réellement des vaches :-) Tous les matins, une femme du village trait sa vache et vient nous vendre le lait que nous faisons bouillir (pour tuer les parasites qu'il contient inévitablement) et que nous filtrons avant de le boire.
L'eau ? Eh bien l'eau est livrée à dos d'âne. Chaque matin, un garçon s'arrête devant chez nous avec un âne chargé d'un énorme sac en caoutchouc rempli d'eau qu'il transvase ensuite dans nos réservoirs (c'est le mode d'approvisionnement en eau le plus répandu ici, pour les personnes qui en ont les moyens). Une partie de l'eau est portée à ébullition et filtrée pour notre consommation personnelle, le reste sert à se doucher, à faire la vaisselle, etc.


A certains endroits, le sol est cimenté, à d'autres, il y a encore du sable. Ici, tout le monde dort dans son propre tukul (petite hutte) dans la cour. Pour ma part, j'ai opté pour une chambre aux murs peints située près du bureau et d'où je peux traquer les intrus à 2 kilomètres à la ronde (oui, je fais allusion aux araignées). Bien que nos «fenêtres» soient équipées de moustiquaires, les insectes prolifèrent joyeusement, ce qui est particulièrement ragoûtant lorsque nous sommes à table.

Le village grouille de poules, mais ce n'est pas pour autant que les oeufs abondent (ce qui amène Andi à conclure que nous avons trouvé la réponse à une énigme aussi vieille que l'humanité, à savoir qui de l'oeuf ou de la poule était là en premier...).

(1) Base composée de plusieurs bâtisses servant d'hébergement et de lieu de vie

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