Lettre de Gety: le souci permanent de la sécurité (I)
Myriam Schmid a passé huit mois à Gety dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Elle a travaillé en tant qu’administratrice avec MSF. Depuis deux ans, l’organisation médicale internationale vient en aide aux déplacés de la région.

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Grande absente des médias et inconnue du public, la province de l’Ituri, voisine de celle du Nord Kivu, sort d’un conflit d’une violence extrême. La province est désormais largement pacifiée mais le territoire d’Irumu, dont Gety est le chef lieu, connaît encore des affrontements entre les milices locales et les FARDC (Forces armées de RDC). Dans le village de Gety même, les déplacés se sont regroupés un peu à l’extérieur, agrandissant la localité par ce que l’on dénomme actuellement «Gety cité».
MSF déploie son secours aux populations déplacées dans la zone de santé (ZdS) de Gety (soit environ 400 000 habitants) sur deux axes prioritaires: le soutien à des structures médicales existantes - l‘hôpital général de référence de Gety et quatre centres de santé identifiés comme partenaires - et l’intervention sur les urgences lors des déplacements de population dus aux combats.
Au sein de ce projet, mon travail d’administratrice des ressources humaines et des finances consiste à assurer le suivi des 45 employés nationaux ainsi que, de manière moins soutenue des quelques 150 employé du ministère de la Santé congolais qui travaillent dans les structures de santé que nous soutenons. Je dois aussi suivre étroitement l’utilisation du budget alloué pour ce projet. Autant dire qu’il faut bien connaître le projet et ses multiples acteurs, et ne surtout pas négliger les visites «de terrain» hors de la base où je passe pourtant la majorité de mon temps.
Une réunion sécurité chaque matin
A la base MSF de Gety, contexte oblige, la journée commence toujours par la réunion sécurité. Tous les employés et expatriés MSF sont tenus d’y participer. Cette réunion, animée par le responsable terrain, vise à informer tous les collaborateurs des derniers développements liés au contexte de sécurité de la ZdS de Gety et de ses environs. La majeure partie des employés étant domiciliés dans la zone, c’est le moment privilégié pour récolter des informations sur les éventuels incidents de la veille. Ces derniers sont hélas légion, du simple accrochage sans conséquences aux mouvements armés des milices et forces congolaises.
La réunion «sécu» est suivie du «check sécurité» qui précède tout mouvement hors de la base MSF, et qui consiste pour le responsable terrain et son assistant à visiter la position des FARDC (Forces armées de la RDC) située à 100 mètres en amont de la base, ainsi que la chefferie de la zone, afin de préciser les informations que nous détenons et assurer la sécurité de nos mouvements hors du village. Ce check ne constitue en aucune manière une quelconque collaboration avec les forces militaires ou les notables, puisque MSF récolte des informations sans jamais lui-même en donner, ni bien entendu citer aucune source d’information. Au contraire, il est le moyen privilégié d’assurer notre travail à l’extérieur avec un maximum de sécurité, certains centres de santé étant situés à 1h30 de route de la base.
Dès que le feu vert est donné, les équipes médicales et logistiques externes peuvent commencer leur travail hors de la base. Une bonne partie d’entre eux vont travailler à l’hôpital de Gety, où MSF apporte un appui principalement au centre nutritionnel thérapeutique (CNT), à la maternité et auprès des victimes de violences sexuelles.


