03.12.2013 - Mozambique

Mozambique: «beaucoup d’habitants ont tout perdu dans les inondations»

MSF fournit des soins dans un hôpital de la province de Gaza, la plus touchée par les inondations. Coordinateur médical, Lucas Molfino est de retour de la ville de Chokwe. Il raconte.
Mozambique, 05.02.2013
MSF restera sur place aussi longtemps que le ministère de la Santé aura besoin de nous.
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Auteur
Lucas Molfino

Coordinateur médical

«Le fleuve Limpopo, en provenance d’Afrique du Sud, a débordé à cause des fortes pluies de la semaine dernière et a inondé la province de Gaza, qui est la province la plus touchée du pays. Plus de 100 000 personnes ont déjà été déplacées. Elles sont choquées et, pour la plupart d’entre elles, ont tout perdu quand elles ont dû s’enfuir.

Médecins Sans Frontières (MSF) a décidé d’aller directement à Chokwe, à 225 kilomètres au nord de la capitale Maputo, parce que nous savions que la situation était grave. Dans certains endroits, la ville était noyée sous un mètre et demi d’eau. Des maisons et des bâtiments se sont effondrés. Le système électrique a été en partie détruit. Les habitants sont en train de revenir chez eux pour voir ce qu’il reste de leur maison.

Nous avons mis en place un poste de santé dans l’enceinte de l’hôpital Carmelo, la seule structure de santé qui fonctionne toujours. En deux jours, notre équipe avait déjà dispensé 400 consultations. Nous traitons les personnes qui ont été blessées dans les inondations. Nous faisons aussi en sorte que les personnes séropositives et les malades de la tuberculose reçoivent leurs médicaments afin que leur traitement ne soit pas interrompu.

Assurer la continuité des soins

La province de Gaza présente l’un des plus hauts taux de prévalence du VIH/sida du Mozambique. Il est donc essentiel de maintenir les patients sous antirétroviraux (ARV). Certains d’entre eux ont perdu leurs dossiers médicaux et ne se souviennent pas quels médicaments ils prennent. Cela peut compliquer la continuité des soins, mais en même temps, les patients viennent nous voir pour obtenir des conseils immédiats et font preuve d’un engagement remarquable pour leur santé.

La semaine avant les inondations, l’hôpital avait heureusement reçu des ARV pour un mois. Comme les boîtes avaient été scellées, les médicaments sont intacts. Nous avons donc un stock suffisant pour les prochaines semaines.

Nous distribuons aussi les médicaments en stock à l’hôpital de Carmelo pour les patients atteints de tuberculose. En cas d’interruption du traitement, des résistances aux médicaments peuvent rapidement apparaître.

Dans le camp de Chiquelane, qui accueille environ 40 000 habitants qui ont dû fuir la ville de Chokwe, les manques les plus criants concernent l’eau et l’assainissement. Pour le moment, la situation est sous contrôle, mais nous devons surveiller de près les cas de maladies liées à l’eau, comme le choléra. Quand 40 000 personnes vivent dans la promiscuité, il faut être attentif.

Les yeux rivés sur les prévisions météo

Même si l’eau est en train de se retirer de Chokwe, il est difficile d’évaluer combien de temps nous aurons besoin d'intervenir. MSF restera sur place aussi longtemps que le ministère de la Santé aura besoin de nous. Le temps qu’il faudra pour que les autorités restaurent les services de santé et assurent un accès aux soins pour toutes et tous. Mais il faudra du temps pour revenir à la normalité.

Pour l’instant, le pays tout entier est rivé sur les prévisions météo pour les jours à venir. La province de Gaza devrait être épargné par la pluie, mais nous sommes plus inquiets pour la province du Zambèze, où le niveau des eaux est déjà haut. Si des inondations massives devaient se produire dans cette province, je ne suis pas sûr si nous serions capables de lancer une autre intervention d’urgence.»

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Inondations, Mozambique
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