« La vie… de quelle vie, parlez-vous ?», Yassin, 67 ans


“ Une petite association locale m’offre des soins ici. J’ai des séances avec un kinésithérapeute car ma hanche me gêne. J’ai été blessé lors d’un bombardement israélien. Je me rappelle du moindre détail de ce jour là… C’est arrivé de la mer…en 1982. Nous savions que les bombes allaient tomber mais nous ne savions pas quand. Je me souviens des morts, des blessés, des têtes décapitées. Personne ne pensait qu’ils allaient nous attaquer par la mer. Je ne peux m’empêcher de repenser à mes amis déchiquetés au début de l’attaque lorsque les obus ont commencé à tomber,». Yassin pleure, « Le sang, les odeurs, tout est encore là, dans ma tête. Mon genou, ma cheville et ma hanche ont été meurtris par les éclats d’obus. Aujourd’hui, je ne travaille pas. Je survis grâce aux aides sociales.
La vie…de quelle vie, parlez-vous ? Tout le monde la connait cette vie ! Aujourd’hui, la vie dans ce camp ressemble à du goudron qui bouillonne. Les enfants sont dans la rue, sans travail... La vie est très chère. Nous empruntons aux uns et aux autres. J’ai quitté la Palestine quand j’avais onze ans. En Palestine, les olives sont la mère de toutes les bonnes choses. J’ai une ferme là-bas, j’ai toujours les actes de propriété de mes terres et de mes champs. J’étais riche… Nous, nous souhaiterions rentrer pieds nus en Palestine. »







