11.07.2013 - Soudan du Sud

Soudan du Sud: 20 000 personnes laissées pour compte

Après avoir fui la région frontalière, plus de 20 000 personnes sont quasiment privées de toute aide humanitaire dans l'Etat du Bahr el-Ghazal du Nord, au Soudan du Sud.
Soudan du Sud, 04.07.2013
Camp de réfugiés dans l'État du Bahr el-Ghazal du Nord, Soudan du Sud.
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Elles s'y sont réfugiées après avoir fui les violences dans la région frontalière avec le Soudan, que revendiquent les deux pays. Dans les camps, les réserves de nourriture et d'eau sont limitées et les conditions de vie déplorables.

Les équipes de MSF ont lancé une réponse d'urgence pour aider ces 20 000 personnes qui sont arrivées au cours des 12 derniers mois et qui reçoivent une aide humanitaire minimale en raison de l'isolement de la région et de l'incertitude quant à leur statut : faut-il les considérer comme des déplacés internes, des réfugiés ou des migrants de retour?

Depuis le début du processus de sécession, qui s'est soldé par un référendum au Soudan du Sud et la déclaration d'indépendance du pays il y a tout juste deux ans, de nombreuses personnes sont revenues dans la région pour des raisons sociales, économiques et de sécurité. Mais depuis quelques mois, on observe l'arrivée de vagues de déplacés qui fuient les violences, principalement le long de la rivière Kiir/Bahr al-Arab, dans la région frontalière contestée.

«Les agences humanitaires ont des difficultés à décider de l'assistance qu'elles doivent fournir car il est difficile de déterminer le statut de ces personnes », explique Shaun Lummis, coordinateur de terrain de MSF dans l'Etat du Bahr el-Ghazal du Nord. « Mais pour MSF, qu'ils soient des migrants de retour, des déplacés internes ou des réfugiés ne fait aucune différence.»

Camps de fortune

Les déplacés, qui ont presque fait doubler la population de la région, vivent principalement dans onze camps de fortune éparpillés dans des zones isolées du Bahr el-Ghazal du Nord, même si certains sont hébergés dans des communautés d'accueil. Comme aucun camp ne leur a été spécifiquement attribué, beaucoup ont dû se déplacer plusieurs fois.

«Lorsque nous sommes arrivés en février, beaucoup de personnes vivaient carrément dans la brousse. Des milliers de déplacés sont arrivés dans la région mais très peu d'actions ont été prises pour répondre à leurs besoins», déplore Shaun Lummis.

MSF apporte de l'aide tant aux déplacés qu'aux communautés d'accueil. Elle a mis sur pied des cliniques mobiles et forme des équipes d'agents de santé communautaires pour lutter contre les diarrhées, le paludisme et la malnutrition, les trois principales causes de mortalité parmi la population. MSF dirige également une clinique de soins de base dans la ville de Pamat, destinée principalement aux enfants de moins de cinq ans et aux femmes enceintes.

«Dans notre ville, le long de la rivière Kiir, nous pouvions cultiver tout ce que nous voulions», raconte Anthilio Akon, un chef communautaire dans le camp d'Ajok Wol, où il n'y a presque pas de bâches en plastique pour construire des abris, malgré l'imminence de la saison des pluies. «Ici, nous essayons juste de survivre.»

MSF est présente dans la région qui forme aujourd'hui le Soudan du Sud depuis 1983. L’organisation travaille actuellement dans six des dix États du Soudan du Sud pour y répondre à des urgences telles que les déplacements à grande échelle, l'afflux de réfugiés, la situation nutritionnelle alarmante et les pics de maladies comme le paludisme et le kala azar. Elle y offre également des services de santé basiques et spécialisés.

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