04.10.2010 - Swaziland

Selon l'OMS la lutte contre le VIH/sida nécessite un Fonds mondial entièrement financé

New York/Genève, le 28 septembre 2010 – Les contributions des différents pays au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMLSTP), qui doivent être annoncées lors de la réunion des donateurs pour le réapprovisionnement la semaine prochaine à New York, devraient être loin des 20 milliards de dollars nécessaires au Fonds pour qu'il puisse poursuivre et développer ses programmes de subvention. C'est ce qu'a annoncé aujourd'hui l'organisation humanitaire médicale Médecins Sans Frontières (MSF) en guise d'avertissement. Cette nouvelle survient au moment où un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié aujourd'hui montre que seule une aide financière apportée par des fonds comme le FMLSTP permet d'améliorer le traitement du sida pour un plus grand nombre de malades. L'Allemagne et l'Italie réduisent leur contribution.
Swaziland, septembre 2010
500 manifestants, dont les équipes MSF, appellent les pays donateurs à continuer de financer le fonds mondial. Mbabane, Swaziland.
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Le Fonds mondial fournit les deux tiers du financement de la lutte contre le paludisme et la tuberculose et presqu'un quart de celle contre le sida. Le Fonds estime que ces objectifs de 20 milliards de dollars sur trois ans ont été atteints, 7,5 millions de personnes bénéficient d'une thérapie antivirale, dont 2,5 millions étaient financés par le FMLSTP fin 2009.

« Grâce à la contribution du Fonds mondial, des pays comme le Malawi ont pu lancer des programmes qui ont permis de sauver des vies et de reconstruire des communautés ravagées par le sida » a déclaré Marielle Bemelmans, responsable de mission MSF au Malawi où l’organisation collabore avec le ministère de la Santé dans le cadre de programmes qui soignent 38 000 personnes. « Au Malawi uniquement, plus de 200 000 personnes ont toutefois encore besoin d'un traitement contre le VIH, et plus de dix millions de personnes en ont un besoin urgent dans le monde entier. Si les donateurs ne saisissent pas cette occasion pour entamer la lutte contre l'épidémie de sida, nous allons annihiler tous les bons résultats déjà obtenus. » 

Les nouvelles directives de l'OMS recommandent de commencer à traiter les malades plus tôt et de leur fournir médicaments moins toxiques qui coûtent toutefois plus cher. Si le Fonds mondial n'est pas suffisamment alimenté, il ne sera pas possible de suivre les directives de l'OMS, ce qui modifiera l'ampleur et la stratégie de la lutte contre le sida au niveau mondial dans les prochaines années.

Si la situation actuelle en matière de financement perdure, il ne restera aux patients que peu de possibilités puisque la lutte contre le sida au niveau mondial incombera de plus en plus à de petits programmes privés, comme ceux de MSF. 

L'Allemagne, le troisième donateur après les États-Unis et la France, fait courir le risque le plus élevé au réapprovisionnement du Fonds. Le gouvernement allemand envisage de réduire sa contribution des deux tiers ou même d'y renoncer d'ici à fin 2011. L'Italie ne fera sans doute aucune promesse de financement.

D'autres pays ont annoncé qu'ils augmenteraient leur contribution, mais de sommes minimes. En même temps, des programmes, comme le « Plan Présidentiel d'assistance d'urgence au sida » (PEPFAR : President’s Emergency Plan for AIDS Relief) aux États-Unis, sont confrontés à un financement stationnaire dans les prochaines années. Les principaux donateurs, comme les États-Unis, doivent apporter des contributions importantes lors de la conférence de réapprovisionnement afin que le Fonds puisse poursuivre son activité. 

« Lors du sommet des Nations Unies sur les objectifs du millénaire pour le développement, il y a à peine une semaine, les pays ont réaffirmé leur engagement de réduire la mortalité infantile et « de redoubler d'efforts afin que l'accès universel soit réalisé en matière de traitement et de prévention contre le VIH/sida et devienne réalité », déclare Sophie Delaunay, directrice de MSF USA. « Comment peuvent-ils concilier cette déclaration avec leurs contributions réduites ou identiques au Fonds mondial, un acteur essentiel de la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose ? »

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