07.12.2012 - RD Congo

Qui va utiliser les nouveaux tests et traitements contre la maladie du sommeil?

Les activités de lutte contre la THA sont menacées par l’absence de financements pérennes.
Soudan du Sud, 11.10.2012
La maladie du sommeil, est une infection mortelle transmise par la mouche tsé tsé. 70 millions de personnes vivent dans des régions à risque.
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Alors que le développement de nouveaux tests diagnostiques et de nouveaux traitements contre la trypanosomiase humaine africaine (THA) enregistre de réelles avancées, l’organisation médicale Médecins Sans Frontières (MSF) constate que les activités de terrain de lutte contre la maladie dans les pays touchés sont limitées par un manque de financements pérennes.

La THA, ou maladie du sommeil, est une infection mortelle transmise par la mouche tsé tsé. Elle sévit principalement parmi les communautés rurales les plus pauvres et les plus isolées d’Afrique Sub-saharienne. 70 millions de personnes vivent dans des régions où persiste un risque de contracter la maladie. Les deux tests de dépistage rapide attendus l’année prochaine et le nouveau traitement par voie orale qui entre aujourd’hui en essai clinique sont susceptibles de changer la donne. Mais ces avancées pourraient rester sans effets réels sur le terrain en raison du manque de ressources mises à la disposition des programmes nationaux de lutte contre la maladie.

Défis médicaux et logistiques

« Nous faisons face aujourd’hui à d’énormes défis d’ordre médical et logistique. Pour les activités de dépistage, il est nécessaire de disposer de personnel très qualifié et de transporter des équipements de laboratoire dans des zones rurales reculées, souvent touchées par des conflits. L’amélioration des outils existants permettra de simplifier les actions de lutte et aidera nos équipes médicales à mieux contrôler la maladie », affirme Dr Anja de Weggheleire, coordinatrice médicale de MSF à Kinshasa. « Cependant, les programmes de lutte dans les pays touchés demeurent insuffisamment soutenus et financés. Si rien ne change, on aura perdu une occasion de détecter et de traiter davantage de personnes,  et pire, on risque de voir la maladie resurgir ».

En République Démocratique du Congo, où se trouvent les trois-quarts des cas rapportés, le nombre de tests de dépistage de la THA a diminué de manière significative ces derniers mois. Et l’appui du principal bailleur de fonds du programme national de lutte arrive à terme en juin 2013. Sans un soutien financier à la lutte, le pays risque de voir  resurgir cette maladie. Cela a déjà été observé à plusieurs reprises par le passé, quand le niveau de surveillance de la maladie a été réduit, même sur une courte période. La RDC risque de se retrouver dans la même situation que ses voisins, tels que la République Centrafricaine ou le Soudan du Sud, où les capacités des programmes nationaux à mener des activités de lutte contre la THA sont extrêmement limitées.

Les nouveaux tests de dépistage attendus en 2013, développés respectivement avec le soutien de Foundation for Innovative Diagnostics (FIND) et de l’Institut de Médecine Tropicale d’Anvers (IMT), seront simples d’utilisation et ne nécessiteront pas de chaîne du froid. Ils permettront de dépister davantage de personnes vivant dans des zones où la maladie sévit. Même si d’autres tests de confirmation plus complexes resteront nécessaires, les nouveaux tests de dépistage rapide permettront de contourner certaines contraintes d’ordre logistique qui pèsent sur les équipes de lutte contre la THA. Le nouveau médicament par voie orale développé avec le soutien de Drugs for Neglected Diseases initiative (DNDi), le fexinidazole, qui rentre en essai clinique de phase II/III (dans les conditions de terrain), pourrait remplacer les nombreuses perfusions intraveineuses aujourd’hui nécessaires pour le traitement de la forme avancée de la maladie.

« Si un appui financier durable n’est pas sécurisé rapidement, on pourrait se retrouver, dès l’année prochaine, avec des nouveaux outils de lutte plus adaptés, mais sans programmes dans les pays touchés pour les déployer », réagit Dr Manica Balasegaram, Directeur exécutif de la Campagne d’Accès aux Médicaments essentiels de MSF. «  Les mois à venir sont décisifs afin de surmonter les incertitudes qui pèsent sur la lutte contre la maladie du sommeil en RDC et dans les autres pays endémiques, et d’y mobiliser des financements durables et des ressources adaptées ».

Activités de MSF

Depuis 1986, MSF a offert un test de dépistage de la THA à plus de 3 millions de personnes et traité plus de 50.000 cas. MSF mène actuellement des projets de lutte contre la THA au Soudan du Sud, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo. MSF a récemment mis en place une équipe mobile internationale de lutte contre la THA. A ce jour, cette équipe est intervenue en République Centrafricaine, au Tchad, en République du Congo, au Soudan du Sud et elle se déploiera prochainement en République Démocratique du Congo.

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