08.09.2010 - Niger

Niger: soigner et prévenir, pour briser le cercle de la malnutrition

Médecins Sans Frontières (MSF) et ses partenaires nigériens ont déjà pris en charge 77 000 enfants sévèrement malnutris au Niger cette année, et distribuent actuellement des suppléments alimentaires à environ 143 000 enfants en bas âge. Pour faire face à une crise nutritionnelle récurrente, des mesures préventives sont indispensables.
MSF traite la malnutrition à Zinder.
MSF traite la malnutrition dans la région de Zinder depuis 2005. Niger, 08.08.2010.
© Jean-François Herrera/MSF
Centre de réhabilitation nutritionnelle intensive soutenu par MSF à Guidan Roumdi.
Dans les centres de réhabilitation nutritionnelle, les enfants reçoivent des soins intensifs et nutritionnels. Niger, 01.07.2010.
© Alessandra Vilas Boas/MSF
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Niamey, 8 Septembre 2010 – Chaque année, la population nigérienne est confrontée à une crise nutritionnelle qui atteint son pic entre mai et septembre. En 2010, l’intensité de la crise est particulièrement inquiétante. Depuis le début de l’année, plus de 77 000 enfants atteints de malnutrition sévère ont déjà été admis dans les 69 centres nutritionnels soutenus par MSF et ses partenaires FORSANI (Forum Santé Niger) et BEFEN / ALIMA (Bien-être de la Femme et de l’Enfant au Niger).

A partir du mois de juillet, MSF a aussi démarré des distributions de suppléments alimentaires pour plus de 143 000 jeunes enfants afin d’éviter qu’ils ne sombrent dans la malnutrition.  Pour faire face à la crise nutritionnelle récurrente que traverse le Niger, des mesures préventives adaptées sont primordiales.

« Avec un nombre important d’enfants sévèrement malnutris nécessitant une prise en charge médicale, les structures de soins du ministère de la Santé sont surchargées. Ces enfants se trouvent souvent dans un état de santé critique, qui les expose à un risque accru de décès. Même dans les meilleures conditions de prise en charge, les taux de mortalité dans les programmes nutritionnels demeurent élevés, entre 3 et 4% », explique Patrick Barbier, chef de mission MSF au Niger. « C’est pourquoi il est fondamental de prévenir aussi la malnutrition ».

En plus de soigner ces enfants sévèrement malnutris, MSF organise des distributions d’aliments supplémentaires prêts-à-l’emploi pour plus de 143 000 enfants. Ces produits, à base de lait et riches en vitamines et minéraux, sont adaptés aux besoins nutritionnels des enfants en bas âge. La stratégie de distribution a été établie d’un commun accord avec les autorités nigériennes, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et l’UNICEF. Les distributions sont réalisées dans cinq districts du pays en collaboration avec des organisations nigériennes.

« Il s’agit de définir la meilleure stratégie pour éviter que les enfants soient sévèrement malnutris année après année. Ainsi, on allègera les besoins médicaux, logistiques et financiers des interventions d’urgence sur un si grand nombre d’enfants malades », précise le Dr. Susan Shepherd, coordinatrice du groupe de travail sur la Nutrition à MSF.
Cette année, la distribution de suppléments alimentaires à large échelle représente une évolution très encourageante dans la réponse à la crise nutritionnelle. Mais le caractère récurrent de la crise exige que ces mesures préventives s’inscrivent sur la durée, si l’on veut lutter efficacement contre la malnutrition.

MSF souhaite participer, avec ses partenaires locaux et internationaux, au choix du meilleur produit et de la stratégie la plus efficace sur le long terme pour prévenir la malnutrition chez les jeunes enfants nigériens.

MSF et ses partenaires nigériens, BEFEN/ALIMA et FORSANI, soutiennent 59 centres nutritionnels ambulatoires et 9 centres de réhabilitation nutritionnelle intensive dans les régions de Tahoua, Maradi et Zinder. Depuis le début de l’année, plus de 77 000 enfants sévèrement malnutris ont été admis dans ces structures de santé, sur les 170 000 enfants traités au total dans le pays.
Dans ces régions, comme dans celle d’Agadez, MSF propose des soins gratuits pour les jeunes enfants au niveau des centres de santé périphériques ainsi que dans des hôpitaux pédiatriques.

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