12.09.2008 - Suisse

Malnutrition - faire ou ne pas faire, telle est la question

New York/Genève, 11 Septembre 2008 - Symposium sur la malnutrition : Améliorer l’impact de l’aide alimentaire
Niger, 08.08.2007
Niger, 08.08.2007
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Des experts en nutrition examineront durant deux jours les raisons pour lesquelles les programmes nutritionnels actuels ont un impact si limité sur la malnutrition alors même que des milliards de dollars sont déboursés chaque année. L’objectif de cette rencontre est de lutter contre la malnutrition des jeunes enfants. Des recommandations pratiques seront élaborées pour améliorer la qualité de l'alimentation et la nutrition des programmes d’aide, en particulier dans les zones à forte prévalence comme en Asie du Sud-Est, le Sahel et la Corne de l'Afrique. Ce fléau contribue chaque année à la mort de 3,5 à 5 millions d’enfants de moins de cinq ans et de l’infirmité à vie de millions d’autres.

« Il est inacceptable que l'aide alimentaire actuelle ne fournisse pas une alimentation riche en éléments nutritifs adéquate pour les enfants les plus vulnérables», a déclaré le docteur Susan Shepherd, conseillère en nutrition de la Campagne d'accès aux médicaments essentiels de MSF. Il s'agit d'un double standard : nous envoyons une aide alimentaire aux enfants des pays à faibles revenus que nous que n'aurions jamais donné aux nôtres. Si nous sommes sérieux et que nous voulons prévenir la mortalité, les maladies et les invalidités causées par la malnutrition infantile, il est temps pour nous de pointer du doigt les carences du système d'aide alimentaire. Améliorer l'aide alimentaire en la rendant plus efficace implique de changer le contenu de ces distributions.

Pour les nourrissons et les enfants en bas âge, une bonne nutrition dépend de l'allaitement maternel et de suppléments alimentaires riches en éléments nutritifs. C’est tant une question de quantité que de qualité (proportion en nutriments) de l'alimentation et de densité en énergie. Mais pour les familles pauvres vivant dans les régions dévastées par la malnutrition, l’accès à une base quotidienne d’aliments riches en éléments nutritifs, en particulier à base de protéines animales, n'est pas possible. Pourtant, au niveau des politiques internationales, les programmes nutritionnels n'ont pas porté une attention suffisante aux problèmes des déficits dans la qualité de l'alimentation pour les moins de 24 mois.

L’actuelle aide alimentaire destinée à ces enfants se compose essentiellement de maïs, de blé ou de soja mélangés en bouillie, et dont les ingrédients peuvent gêner l’absorption de minéraux essentiels tel le zinc, pourtant essentiels à la croissance et à la survie des enfants. Ces farines enrichies ne contiennent pas non plus d’éléments d’origine animale, lesquels sont importants pour les jeunes en pleine croissance. Le lait a été supprimé des farines fortifiées américaines destinées à ces enfants pour des raisons économiques à la fin des années 1980.

« Comme nous le constatons avec le VIH/sida, on ne commence à réunir les ressources suffisantes pour s’attaquer à une crise de cette ampleur que lorsque la nécessité contraint à l’assistance. » a déclaré Stephen Lewis.

La réalisation concrète de stratégies de prise en charge en ambulatoire des enfants malnourris a été la véritable innovation de ces dernières années. Elaborés à base de lait, enrichis en éléments nutritifs et denses en énergie, les aliments thérapeutiques permettent en effet de soigner les enfants souffrant de malnutrition sévère chez eux. Une telle stratégie simple, directe et bon marché permet de prendre en charge les enfants dans les régions où la malnutrition atteint un niveau de crise chronique.

« Il n’y a pas de solution unique pour vaincre la malnutrition, mais il faut une volonté politique et une volonté d’agir », a déclaré le docteur Richard Deckelbaum, directeur de l’Institut de nutrition humaine de l’Université de Columbia « Nous devons nous demander : quel est le coût de ne rien faire ?»

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