14.02.2013 - Somalie

La crise continue en Somalie

Un nouveau rapport décrit la faim, la violence et les déplacements de population.
Somalie, 06.06.2011
Le manque de sécurité, de nourriture, d’humanité, de liberté et le fait d’être séparé de sa famille sont les épreuves les plus difficiles à vivre.

Un rapport rendu public le 13 février 2013 par Médecins Sans Frontières (MSF) met en lumière la violence, les déplacements de population et les pénuries de denrées alimentaires, des aspects importants et récurrents du paysage humanitaire en Somalie. Le rapport intitulé «Hear my voice» (en anglais seulement) repose sur une enquête réalisée auprès de 800 patients somaliens qui fréquentent les structures médicales de MSF en Somalie et dans les camps de réfugiés éthiopiens ainsi que sur les témoignages personnels au sein des communautés. Il ressort un sentiment récurrent de grande vulnérabilité et leur lutte constante pour combler des besoins essentiels comme la nourriture, les soins de santé et la protection contre la violence.

«Alors que le Gouvernement somalien et la communauté internationale ont une vision d’avenir plus prometteuse pour la Somalie, centrée sur la stabilité et le développement, nous ne pouvons pas oublier que des milliers de personnes sont toujours exposées à une violence extrême et qu’elles ont désespérément besoin d’une aide d’urgence», explique Joe Belliveau, responsable des opérations chez MSF.

La nécessité d’une aide humanitaire indépendante

Plus de la moitié des personnes ont rapporté   avoir  quitté leur foyer et environ la moitié d’entre elles ont désigné la violence et la peur d’être agressées comme raison principale de leur déplacement. Un autre tiers des déplacés sont partis à cause d’une pénurie de denrées alimentaires.

«Le manque de sécurité, de nourriture, d’humanité, de liberté et le fait d’être séparé de sa famille sont les épreuves les plus difficiles à vivre. J’ai été déplacée plus de dix fois dans ma vie. Mon mari est mort lors d’une attaque et deux de mes enfants sont décédés parce que je n’arrivais pas à les nourrir», raconte dans le rapport une femme de 25 ans originaire de Djouba.

«Hear my voice» souligne l’importance de continuer à offrir une aide humanitaire dans de nombreuses régions du centre-sud de la Somalie et de s’assurer qu’elle demeure indépendante de toute influence politique.

MSF en Somalie

MSF travaille de manière continue en Somalie depuis 1991 et ne reçoit de financement d’aucun gouvernement ni d’aucune institution pour ses projets dans le pays. Malgré une réduction de ses activités durant les deux dernières années pour des raisons d’insécurité et d’attaques contre les travailleurs MSF, l’organisation continue de fournir des soins médicaux vitaux à des centaines de milliers de Somaliens dans dix régions de la Somalie ainsi que dans les pays voisins du Kenya et de l’Éthiopie.

Le 13 octobre 2011, deux membres de MSF, Montserrat Serra et Blanca Thiebaut, ont été enlevées dans un camp de réfugiés à Dadaab, au Kenya. MSF croit que ses deux collègues sont détenues en Somalie et réclame leur libération sans condition.

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