08.04.2011 - Bahreïn

Bahreïn: MSF appelle à la fin de la répression militaire contre les patients

Manama, Bahreïn/Genève, 7 avril 2011 – Médecins Sans Frontières (MSF) condamne l’utilisation des infrastructures médicales pour réprimer les manifestants, ce qui empêche les personnes blessées lors des affrontements de venir se faire soigner.
Bahreïn, 15.03.2001
Bahreïn, 15.03.2001
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Un rapport publié le 7 avril par MSF indique que les hôpitaux et les centres de santé de Bahreïn ne sont plus des lieux sûrs pour les malades et les blessés mais sont devenus des endroits dangereux à éviter.

«Les blessures, notamment celles typiques causées par les tirs des forces militaires et de la police, sont utilisées pour identifier les manifestants et les arrêter. De plus, les autorités bahreïnies empêchent l’accès aux soins médicaux afin de décourager la population de manifester», explique Latifa Ayada, coordinatrice médicale MSF. «Les infrastructures médicales sont utilisées comme appâts pour identifier et arrêter ceux qui osent aller se faire soigner.»

Aller à l’hôpital? Trop risqué!

Depuis le début des affrontements entre les forces gouvernementales et les manifestants en février, les structures de soins de santé à Bahreïn – la plupart parfaitement opérationnelles en termes de matériel, d’installations et de personnel qualifié – ne sont plus en mesure de répondre aux besoins médicaux de toute la population. Salmania, le seul hôpital public de référence de Bahreïn, était pratiquement vide lorsque les équipes de MSF l'ont récemment visité.

Des blessés admis à Salmania ont expliqué aux membres de MSF que les militaires leur avaient porté des coups, y compris sur leurs blessures. D’autres patients ont été arrêtés au sein même des structures de santé lorsqu’il a été découvert qu'ils avaient été blessés lors des manifestations. Se rendre à l’hôpital ou dans un centre de santé est devenu si risqué que la plupart des patients ne cherchent plus à se faire soigner.

L’hôpital de Salmania a été utilisé comme lieu de manifestation, avant d’être occupé par les militaires. Ensuite, d’autres structures de santé ainsi que le personnel soignant ont été pris pour cibles. Dans ces circonstances, les structures de santé ne sont plus en mesure de fournir des soins médicaux de manière impartiale.

MSF n’a pas obtenu de garanties suffisantes

MSF a proposé de lancer des activités médicales d'urgence à Bahreïn: les équipes de MSF accompagneraient les patients jusqu’aux structures de santé afin de s'assurer, d’une part, qu'ils soient soignés et ne soient pas arrêtés et, d’autre part, que le personnel soignant puisse travailler en toute impartialité et sans crainte de représailles. Malheureusement, MSF n’a pas réussi à obtenir la garantie que les patients accompagnés ne soient pas pris pour cible.

«En déclarant l’hôpital cible militaire légitime et en utilisant le système de santé comme un instrument de l’appareil sécuritaire, les autorités barheïnies ne tiennent absolument pas compte du fait que tous les patients ont le droit de se faire soigner dans un environnement sûr et que tous les membres du personnel médical ont le devoir fondamental d’administrer un traitement sans discrimination», explique Christopher Stokes, directeur général de MSF.

Toutes les mesures doivent être prises pour que la population puisse recevoir des soins médicaux sans crainte. Les militaires doivent se retirer de l'hôpital de Salmania et les manifestants de l’opposition doivent également s'engager à ne pas utiliser l'hôpital comme point de ralliement des manifestations.

MSF souhaite aussi souligner la nécessité et le devoir des autorités de respecter les règles du droit international humanitaire, notamment celles relatives à la protection et au respect des structures médicales et du personnel médical. Ces règles s’étendent également à la protection des civils, mais aussi aux personnes malades ou blessées et aux prisonniers. Il appartient aujourd'hui aux autorités de rétablir le bon fonctionnement des services de soins de santé.

La police, l’armée et les services de renseignements doivent cesser de mettre le système de soins de santé au service de la répression des manifestants. Ils doivent permettre au personnel médical de mener à bien leur mission principale: soigner les patients, quelle que soit leur appartenance politique ou religieuse.

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