16.11.2016 - Tanzanie

Tanzanie: les camps de réfugiés débordent, l’assistance doit urgemment s’accroitre

Alors que les camps de réfugiés en Tanzanie ont atteint leur capacité d'accueil maximale, la situation prend une tournure grave pour des centaines de milliers de réfugiés.
Tanzanie, 08.11.16
Les équipes MSF des camps de Nyarugusu et de Nduta ont soigné 72644 cas de paludisme entre les mois de janvier et d'août 2016.
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Le nombre de personnes réfugiées qui fuient la crise au Burundi a quasiment quintuplé depuis quatre mois. Près de 250000 personnes réfugiées venant du Burundi et du Congo s'entassent désormais dans trois camps surchargés. Pendant ce temps, les discussions piétinent à propos de l'ouverture d'un quatrième camp qui permettrait d’héberger les personnes qui continuent de franchir la frontière.

«Alors que le nombre total de réfugiés devrait atteindre les 280000 avant fin 2016, cette crise des réfugiés est en train de devenir une des plus grandes d’Afrique» dit David Nash, chef de mission pour Médecins Sans Frontières (MSF).

L'aide a été insuffisamment renforcée

Malgré les avertissements lancés par MSF dès le mois de mai 2016, l'aide a été insuffisamment renforcée. Le camp de Nduta où arrivent les nouvelles personnes réfugiées est désormais saturé. Jusqu’à 10000 réfugiés burundais arrivent en Tanzanie chaque mois, auxquels se sont ajoutés en octobre 850 personnes venant de République démocratique du Congo.

«La réponse humanitaire actuelle, en particulier concernant l'abri, l'eau et l'hygiène, ne pourra pas rester à niveau vu le nombre de nouveaux arrivants», affirme David Nash. «La crise au Burundi ne laisse entrevoir aucun règlement proche. Il devient donc crucial que l'aide internationale intensifie rapidement ses efforts humanitaires en Tanzanie.»

Depuis quelques mois, la distribution alimentaire est menacée de réduction par manque de fonds. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé officiellement au mois d'octobre la réduction des rations alimentaires à 60% de la valeur nutritive quotidienne recommandée. Un don de dernière minute a finalement permis de repousser cette décision. Alors que le nombre de réfugiés continue d’augmenter, le risque de coupes dans le futur est une préoccupation majeure.

Risques sanitaires: paludisme

Les réfugiés sont extrêmement vulnérables au paludisme, dans une région de la Tanzanie où cette maladie transmise par les moustiques est endémique. Les personnes qui arrivent à Nduta sont temporairement hébergées dans des abris communs surpeuplés qui comptent jusqu’à 200 personnes, où elles sont davantage exposées au risque de transmission de la maladie. Pour le moment, les nouveaux arrivants sont ensuite transférés vers des tentes familiales après quelques jours, mais rien ne garantit qu’il y ait suffisamment d’abris pour l’afflux massif de réfugiés qui continuent de franchir la frontière.

«La saison des pluies approche et nous craignons un nouveau pic de paludisme chez les personnes réfugiées», complète David Nash. «Comme nous l’avons constaté l’an dernier à Nyarugusu, la surpopulation et les conditions de vie insalubres où l'eau stagnante offre un terrain fertile aux moustiques ne feront qu'aggraver les risques. Les personnes fragilisées par le voyage, les femmes enceintes et les enfants sont particulièrement vulnérables.»

Les équipes MSF des camps de Nyarugusu et de Nduta ont soigné 72644 cas de paludisme entre les mois de janvier et d'août 2016, dont une grande proportion avec des complications. À la veille du pic saisonnier, les équipes se préparent à une nouvelle arrivée massive de patients.

MSF lance un nouvel appel au renforcement de l'aide internationale. «Le gouvernement tanzanien – qui a gardé ses frontières ouvertes pour répondre à la crise - ne devrait pas avoir à assumer seul cette responsabilité. Il est impératif de renforcer immédiatement l’assistance.»

Les premiers Burundais réfugiés sont arrivés en Tanzanie en mai 2015. Ces personnes se sont installées dans le camp de Nyarugusu qui abritait déjà 60000 personnes réfugiées originaires du Congo. Devant le brusque surpeuplement du camp de Nyarugusu, les autorités ont rapidement ouvert deux autres camps: celui de Nduta en octobre 2015 et celui de Mtendeli en janvier 2016. Il reste à identifier le site d'un quatrième camp pour héberger les personnes réfugiées qui continuent d'arriver.

MSF travaille en Tanzanie depuis mai 2015. Ses équipes sont présentes dans les camps de Nyarugusu et de Nduta. Dans le camp de Nyarugusu, MSF gère une salle d'urgence équipée de 60 lits et trois cliniques spécialisées dans le paludisme. MSF dispense également des consultations de santé mentale et distribue 180000 litres d'eau par jour. Dans le camp de Nduta, MSF représente le principal prestataire médical et gère un hôpital de 110 lits ainsi que quatre postes sanitaires tout en apportant une aide de santé mentale.

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