26.07.2011 - Somalie

Somalie: une proportion de personnes déplacées sans précédent

Alors que plus de 2 000 Somaliens traversent chaque jour les frontières vers le Kenya et l’Éthiopie pour obtenir une assistance, en Somalie même, l’afflux de personnes déplacées cherchant désespérément de la nourriture et une aide médicale atteint des proportions inégalées. Les équipes de MSF qui travaillent en Somalie sont en présence d’un nombre de plus en plus élevé de familles déplacées qui doivent couvrir de grandes distances pour arriver aux hôpitaux et aux centres de nutrition thérapeutique de MSF.
Dadaab, Kenya, 20.07.2011
Le vent soutenu crée des tempêtes de sable, les dernières pluies sont tombées il y a 13 mois, en juin 2010.
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Luul Sankus, une mère accompagnée de son mari et de leurs enfants, a parcouru à pied plus de 160 kilomètres pour se rendre au village de Hurufle dans la vallée de Juba.

«Cela fait plus de neuf mois maintenant que je n’ai pas vu ma région natale. Nous sommes fermiers et lorsque la pluie que nous attendions n’est pas tombée, il ne restait plus rien pour nous là-bas. Mon mari et deux de nos enfants ont marché jusqu’à Hurufle, où nous  avons élu domicile. Lorsque nous sommes arrivés à Hurufle, notre fils est tombé malade. Toutefois cet endroit était dépourvu de tout: traitement, abri et même nourriture. On m’a conseillé d’amener mon fils à l’hôpital de MSF à Marere et c’est pourquoi je suis ici aujourd’hui.»

«Le déplacement n’a rien de nouveau pour les Somaliens», explique le directeur opérationnel, Joe Belliveau. «Au cours des dernières années, des centaines de milliers de personnes ont fui la violence à Mogadiscio et ailleurs. La nouveauté,par contre, c’est que les gens fuient les régions rurales, parce qu’ils n’ont plus rien à manger.» 

Des nouveaux camps en Somalie

Des camps pour personnes déplacées  apparaissentà travers la Somalie dans des endroits où les gens croient avoir de meilleures chances d’obtenir de l’aide. Ainsi, dans le village de Jilib dans la vallée basse de Juba, environ 5 000 personnes se sont installées spontanément dans un camp dans l’espoir de recevoir une aide de la communauté, des autorités ou de MSF.

MSF mène actuellement neuf programmes médico-nutritionnels dans la région centre-sud de la Somalie. Ces programmes, dont la plupart sont situés sur des territoires sous le contrôle des rebelles shebab ainsi que les trois grands programmes qu’elle gère dans les camps de réfugiés du Kenya et de l’Éthiopie, permettent de donner des milliers de consultations médicales chaque jour et de traiter à l’heure actuelle plus de 10 000 enfants souffrant de malnutrition grave.

«Dans bon nombre de régions de la Somalie, c’est la pire situation à laquelle nous avons été confrontés au cours des 10 dernières années», déclare Joe Belliveau. « Les mécanismes d’adaptation auxquels la population ont habituellement  recours sont épuisés et bien des gens ont atteint leurs limites. MSF est prête à en faire plus mais pour y parvenir, certaines restrictions devront être levées. Si l'on permet à MSF d’envoyer des experts techniques internationaux pour collaborer avec les milliers de nos employés somaliens et de faire parvenir par avion des produits de nutrition thérapeutique et d’autres médicaments, nous serons alors en mesure d’intensifier notre intervention humanitaire.»

MSF en Somalie

MSF travaille de manière continue en Somalie depuis 1991 et offre actuellement des soins médicaux gratuits dans huit régions du sud de la Somalie. Plus de 1 400 employés somaliens, soutenus par une centaine de personnes à Nairobi, fournissent gratuitement des soins de santé primaires, des traitements contre la malnutrition, une aide médicale aux personnes déplacées, des soins chirurgicaux, de l'eau et des biens de première nécessité. Pour ses projets en Somalie, MSF n'accepte aucun financement de la part des gouvernements et dépend exclusivement des dons privés.

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