06.06.2013 - République centrafricaine

République centrafricaine: cachés dans la brousse, des milliers d’habitants sont privés de soins

MSF intensifie ses activités médicales pour atteindre la population déplacée par l’instabilité persistante en République centrafricaine.
République centrafricaine, 28.05.2013
Nous exhortons les autres organisations non gouvernementales, les bailleurs de fonds et les Nations Unies à venir dans le pays pour aider la population

Trois mois après le coup d’Etat qui a eu lieu en République centrafricaine (RCA), Médecins Sans Frontières (MSF) continue d’accroître ses activités pour répondre aux besoins de milliers de personnes qui sont actuellement privées de soins de base. MSF a ouvert un nouveau projet offrant des soins d’urgence à Bossangoa, au nord de la capitale Bangui, où le personnel mène plus de 300 consultations externes par jour. Les équipes de MSF organisent également des cliniques mobiles dans un certain nombre de districts, où la population se cache encore dans la brousse à cause de la présence d’hommes armés.

À Bossangoa, MSF intervient en raison d’un cruel manque de soins pour environ 150 000 personnes après que plusieurs professionnels de la santé aient abandonné leur poste. L’objectif principal est de traiter le paludisme, les maladies diarrhéiques, la malnutrition et de prendre en charge les victimes de violence sexuelle et sexiste. À ce jour, le personnel soignant a constaté que 53% des enfants de moins de cinq ans examinés en ambulatoire avaient le paludisme. Cette maladie a également été détectée chez la moitié des femmes enceintes qui reçoivent des soins prénataux. Depuis la première semaine de juin, MSF fournit à l’hôpital de Bossangoa médicaments antirétroviraux aux patients séropositifs qui ont dû interrompre leur traitement à cause de la crise. Une initiative d’urgence qui sera menée pendant deux mois.

Patients privés d’antirétroviraux

«En RCA, près de 11 000 personnes séropositives ont été privées de leur traitement, car les stocks de médicaments ont été pillés lors des troubles politiques», dit Chury Baysa, coordonnatrice médicale de MSF. «Cette initiative traduit l’engagement constant de MSF envers ses patients pour améliorer leur santé et réduire les souffrances et la mortalité causées par le VIH/sida.»

Les hauts fonctionnaires du ministère de la Santé estiment que près de 310 patients atteints du VIH/sida étaient inscrits au programme de l’hôpital de Bossangoa avant le coup d’Etat. Quelque 170 d’entre eux prenaient des médicaments antirétroviraux et environ 140 devaient en recevoir. Au cours des deux dernières semaines, 88 patients ont demandé au personnel hospitalier de renouveler leurs prescriptions de médicaments.

Dans le projet de MSF à Batangafo situé dans le nord-ouest du pays, les équipes évaluent la situation de près de 8 000 personnes déplacées au mois d’avril. Leurs villages ont été réduits en cendres lors d’affrontements entre la population locale et un groupe nomade en provenance du Tchad. Les équipes vont bientôt organiser des cliniques mobiles dans les secteurs où se sont rassemblées les personnes déplacées. Elles distribueront des biens de première nécessité, notamment des moustiquaires, des couvertures et du savon.

Calme relatif dans la capitale

Dans la capitale Bangui, un calme relatif est revenu. MSF vient de terminer son intervention d’urgence de trois mois à l’hôpital communautaire. L’équipe MSF a offert des traitements à 1 072 patients, parmi lesquels 36% souffraient de blessures par balle et 149 avaient besoin d’être opérés. Les activités à l’hôpital sont revenues à la normale. Le personnel qui avait fui pendant les troubles est maintenant revenu. La salle d’opération et l’unité de stérilisation sont désormais équipées de façon adéquate. De plus, l’équipe a commandé des stocks de médicaments pour anticiper une éventuelle augmentation des besoins.

Alors que la saison du paludisme commence, on craint une augmentation du taux de mortalité, déjà élevé. La majorité du pays est en effet dépourvue d’assistance médicale. «Les obstacles médicaux sont énormes en RCA, surtout en dehors de la capitale, où le système médical est en berne depuis de nombreuses années. Nous avons affaire à une crise à l’intérieur de la crise. Les besoins les plus importants concernent l’accès aux soins de base. Les établissements de santé ont du mal à recevoir un approvisionnement adéquat en médicaments. Les importations dans le pays et la distribution nationale sont deux enjeux critiques», explique Ellen van der Velden, chef de mission de MSF. «Nous exhortons les autres organisations non gouvernementales, les bailleurs de fonds et les Nations Unies à venir dans le pays pour aider la population.» Pour sa part, MSF œuvre en RCA depuis 1996. L’organisation a des projets à Batangafo, Boguila, Carnot, Kabo, Ndele, Paoua et Zemio.

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