16.06.2010 - Kirghizistan

MSF lance son assistance auprès des victimes de violence au Kirghizstan et en Ouzbékistan

Les violents affrontements qui ont plongé le Sud du Kirghizstan dans le chaos depuis le 10 juin ont provoqué une grave crise humanitaire, avec des centaines de blessés et des déplacements importants de population. Les chiffres officiels font état d’au moins 170 morts et 1700 blessés dans les cinq derniers jours. Les équipes de Médecins Sans Frontières arrivent sur le terrain des deux côtés de la frontière séparant le Kirghizstan de l’Ouzbékistan pour apporter une aide d’urgence aux populations.
Réfugiés fuyant les violences de leur ville à la frontière entre l'Ouzbékista et le Kyrgyzstan dans la région de Osh
Réfugiés fuyant les violences de leur ville à la frontière entre l'Ouzbékista et le Kyrgyzstan dans la région de Osh
© REUTERS/Shamil Zhumatov
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Dans le Sud du Kirghizstan, le stock médical d’urgence de MSF dans la ville de Osh a été distribué aux structures hospitalières. Du matériel médical, des médicaments, des bâches plastiques pour construire des abris et des kits d’hygiène seront acheminés vers le Sud du pays mercredi 16 juin. Par ailleurs, une équipe médicale MSF doit bientôt arriver dans la ville de Osh et, de là, tenter de se rendre à Jalalabad, où de graves actes de violence ont également été rapportés. Cette équipe visitera les structures de santé locales et les endroits près de la frontière ouzbèke où se sont réfugiées les populations fuyant les violences et portera assistance aux victimes et aux déplacés.

« Outre les nombreux blessés hospitalisés qui ont besoin d’une attention médicale, l’une de nos plus grandes inquiétudes porte sur les centaines de personnes qui ont été blessées et n’ont pas d’accès aux soins. Certaines ont peur de se rendre dans les structures de santé ou même de sortir du lieu où elles se trouvent, d’autres ont fui loin de toute structure, dans la zone frontière », explique Alexandre Baillat, chef de mission MSF au Kirghizstan. «  Nous sommes aussi préoccupés par le manque d’accès à l’eau potable de ces populations – l’approvisionnement en eau a été coupé pendant plusieurs jours à Jalalabad – et le manque de nourriture et de produits de première nécessité, car des centaines d’habitations ont été pillées, détruites ou brûlées durant ces événements. »
Des milliers de personnes ayant fui les violences de ces derniers jours ont trouvé refuge en Ouzbékistan, de l’autre côté de la frontière. Environ 45 000 ont déjà été officiellement enregistrées à Andijan, une province frontalière du Kirghizstan. Les autorités ouzbèkes ont commencé à établir des camps et les hôpitaux locaux prennent en charge les blessés qui ont traversé la frontière.

Une première équipe MSF est arrivée à Andijan lundi 14 juin pour évaluer la situation et aider les autorités locales dans leurs efforts pour répondre à l’afflux de réfugiés. « Les premières priorités sont les soins médicaux, le matériel médical, la nourriture et les tentes pour fournir des abris temporaires aux réfugiés », explique Andreas Bruender, chef de mission pour MSF à Tachkent. «Dans les jours à venir, nous aurons davantage de personnel, notamment pour apporter des soins médicaux et psychologiques. Nous travaillons en collaboration étroite avec les autorités et les autres acteurs de l’aide des deux côtés de la frontière pour déterminer comment répondre aux besoins le plus efficacement possible.»

Médecins Sans Frontières mène un projet de lutte contre la tuberculose dans le système pénitentiaire du Kirghizstan depuis 2006.
MSF travaille en Ouzbékistan depuis 1997. Au Karakalpakstan, une république autonome située à l’intérieur de l’Ouzbékistan, MSF prend en charge des patients souffrant de formes résistantes de la tuberculose à Nukus et Chimbay et a récemment étendu ses activités aux districts de Karauziak et Tahtakupir.

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