15.01.2013 - République centrafricaine

Malgré l’accord de paix, MSF étend son intervention d’urgence en République centrafricaine

Le récent conflit a aggravé une situation d’urgence médicale chronique
République centrafricaine, 12.01.2013
Les sept projets «réguliers» de MSF sont restés opérationnels tout au long de la crise avec une présence maintenue du personnel expatrié et national.
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En République centrafricaine (RCA), un accord de paix a été conclu entre le gouvernement et les rebelles. Médecins Sans Frontières (MSF) continue néanmoins d’étendre son intervention d’urgence pour les milliers de personnes qui ont été victimes de l’insécurité. L’organisation médicale internationale continue de négocier l’extension de l'accès aux soins dans les zones où le personnel de santé a fui et où les services médicaux de base ne sont plus disponibles. En effet, des milliers de civils ont temporairement trouvé refuge dans la brousse, sans abri ni accès à l’eau potable et restent exposés à diverses maladies.

Le 10 janvier, MSF a ouvert un programme d’urgence dans la ville de Damara, sous contrôle gouvernemental et située sur la ligne de front. MSF fournit des soins de santé de base aux populations touchées par le conflit via des dispensaires mobiles et en fournissant un soutien aux personnes déplacées afin d’éviter des décès dus à des maladies courantes telles que la diarrhée, les infections respiratoires et le paludisme, autant de menaces sanitaires chroniques. Le personnel médical prend en charge jusqu’à une centaine de patients par jour, principalement des cas de paludisme et de malnutrition.

Fuite du personnel soignant

«La population centrafricaine pâtit déjà de quelques-uns des pires indicateurs de santé dans le monde, avec des taux de mortalité alarmants, même en temps de paix. En raison de l’instabilité, beaucoup de gens ont du se déplacer. Menace supplémentaire, de nombreux établissements de santé locaux ont été fermés lorsque le personnel médical a lui-même fui dans la brousse. Les rares centres de santé qui sont restés ouverts sont à court de médicaments essentiels et de base ou, pire encore, leur stocks ont été complètement pillés», explique Sylvain Groulx, coordinateur MSF en RCA.

Dans le projet MSF de Batangafo, dans le nord-ouest du pays, le nombre de consultations à l’hôpital a chuté, passant d’une moyenne de 128 par jour dans les 10 jours précédant la prise de contrôle de la ville par les forces rebelles, à une moyenne de 66 par jour. Beaucoup de familles ont fui dans la brousse, dormant dans le froid, sans moustiquaire, manquant de nourriture et d’eau potable.

En décembre dernier, MSF a envoyé une équipe chirurgicale d’urgence à Kaga Bandoro, où six personnes ont été prises en charge pour des blessures par balle. 27 civils, dont des femmes et des enfants, ont été soignés pour des brûlures dues à l’explosion d’une station service.
MSF a évalué sept centres de santé situés à Bangui, la capitale et les équipes mobiles s’y rendent désormais régulièrement pour y assurer des formations sur le test de diagnostic rapide du paludisme et pour fournir des médicaments antipaludiques afin de pouvoir prendre en charge environ 840 malades. MSF est également prête à mener des interventions chirurgicales d’urgence à Bangui. Une équipe est positionnée à la maternité Castor, prête à répondre en cas de besoins.

MSF a également envoyé des équipes pour évaluer la situation depuis Grimari à Bria et Sibut. L’organisation transporte plusieurs tonnes de médicaments qui seront immédiatement distribués aux centres de santé ouverts.

Les activités de MSF en RCA

Avant ce conflit, la RCA se trouvait déjà dans une situation d’urgence médicale chronique. La population a enduré des décennies de violence, de déplacements et d’insécurité dues aux affrontements entre groupes rebelles, bandes armées et forces gouvernementales. L’accès aux soins est limité par le manque de ressources humaines qualifiées, la faible présence du ministère de la Santé en dehors de la capitale et des ruptures fréquentes d’approvisionnement en médicaments essentiels. Or, sans garantie d’une stabilité gouvernementale ni sécurité pour le personnel humanitaire, les financements des bailleurs de fonds internationaux et des organisations humanitaires vont probablement diminuer. Le récent conflit armé aggrave la crise sanitaire actuelle. Des milliers de personnes restent vulnérables aux maladies et n’ont pas ou peu d’accès aux soins de santé.

75 employés internationaux travaillent pour MSF en RCA dans cinq des 17 préfectures du pays. Les sept projets «réguliers» de MSF sont restés opérationnels tout au long de la crise avec une présence maintenue du personnel expatrié et national. Le nombre d’employés continuera à croître pour soutenir les nouveaux projets d'urgence.

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