04.12.2014 - Suisse

L’unité chirurgicale à déploiement rapide : une innovation vitale

Dans le but de toujours réduire le délai de réponse aux urgences, MSF travaille en continu au développement de nouveaux outils qui permettent aux équipes de sauver un maximum de vies. L’unité chirurgicale à déploiement rapide (RDSU) devrait permettre de procéder aux premières opérations dès les premières heures après l’arrivée du matériel sur le lieu d’une catastrophe d’origine naturelle ou humaine. Le montage de l’unité complète durera 24h.
Bordeaux, France, mai 2014
RDSU: L’objectif est d’être le plus rapidement opérationnel pour recevoir les premiers patients au plus vite.
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L’unité chirurgicale à déploiement rapide (RDSU) de MSF
L’unité chirurgicale à déploiement rapide (RDSU) de MSF
04.12.2014
04:54

Une dizaine de personnes, des caisses en bois, un manuel comprenant les étapes du montage de la structure… c’est ce qu’il suffira bientôt à MSF pour monter une unité chirurgicale capable de prendre en charge une cinquantaine de blessés en une fois et d’effectuer des opérations d’urgence sur un lieu où les structures de santé ont été détruites. Anne Khoudiacoff, responsable du développement du RDSU, nous raconte les objectifs de ce nouvel outil MSF.

« Nous sommes partis du constat qu’il manquait un maillon dans les structures de réponse d’urgence existantes. Nous avions déjà deux types de structures rapidement assemblables sur le terrain, mais chacune comportait des contraintes. La première, appelée RISK pour Kit d’intervention chirurgicale rapide (Rapid Intervention Surgical Kit), a été développée pour les premières heures de l’urgence – elle permet aux équipes d’apporter les premiers soins dès leur arrivée sur le terrain. Mais ce kit continent un matériel très basique et des consommables en très petites quantités  (il ne pèse que 500 kg) - au bout de quelques jours, les équipes ont besoin de pouvoir proposer des soins plus complets. La seconde, l’hôpital de campagne modulaire (Modular Field Hospital (MFH)) existe depuis 2005 ; c’est un hôpital à part entière : une structure gonflable complexe, qui contient plusieurs modules, mais qui peut s’avérer lourde à mettre en place. Le RDSU a donc été conçu pour combler ces manquements et répondre aux besoins des blessés entre le troisième jour et la troisième semaine de l’urgence, qui est une période cruciale pour les populations victimes de catastrophe.

Nous avons conçu le projet en partant des contraintes maximales, pour nous assurer que le RDSU pourrait être fonctionnel de façon totalement autonome le plus rapidement possible. Cette unité chirurgicale peut donc être montée sans raccordement à l’électricité (elle fonctionne grâce à un générateur) ni à l’ eau courante (il existe un système de traitement et de stockage de l’eau), sur un sol dur dans lequel il est difficile, voire impossible de creuser, etc… Chaque contrainte a été prise en compte et nous avons travaillé sur des solutions capables de relever le défi du montage en toute situation.

D’expérience, nous savons par exemple qu’il est souvent difficile d’accéder sur le lieu d’une catastrophe : souvent, les avions cargos peuvent atterrir, mais les camions ne peuvent pas passer sur les routes qui sont parfois encombrées de débris. Nous avons donc conçu des contenants qui peuvent être transportés facilement, même à main d’hommes s’il le faut !

L’objectif est d’être le plus rapidement opérationnel pour recevoir les premiers patients au plus vite. Nous avons donc cherché les solutions les plus compactes, les plus légères, les plus simples possibles. En partant des besoins des patients et de ceux du personnel médical, chaque objet a été choisi non seulement pour sa qualité mais aussi en fonction de son poids et de son volume. Le RDSU est aussi modulable et adaptable : si les équipes d’exploration identifient un bâtiment utilisable, nous pouvons envoyer et monter l’unité chirurgicale sans les tentes, par exemple. Et puis le RDSU n’est pas qu’une unité chirurgicale, puisqu’elle contient également le minimum vital de certaines activités de support, tel que le nécessaire pour l’installation d’une base de vie pour les équipes, des outils de communication essentiels ainsi que du matériel pour amorcer d’autres activités médicales.

Au final, c’est l’organisation et la préparation qui nous permettent de gagner du temps: par exemple, des étiquettes collées sur chaque caisse comportent la famille à laquelle le matériel appartient (médical, logistique…), sa localisation dans la structure et une couleur qui correspond à la phase du déploiement dans laquelle elle intervient. Certains détails et des petites innovations devraient aussi nous simplifier la vie : certaines caisses de médicaments se transforment en armoire lorsqu’on les met en position verticale, par exemple.

Nous avons mis au point le RDSU en prenant en compte les demandes de tous les groupes de métiers et en les ajustant aux contraintes ; le groupe de travail multidisciplinaire a planché deux ans sur l’élaboration du projet, et des ajustements ont été faits à toutes les étapes du développement. L’exercice de déploiement grandeur réel que nous avons fait en mai 2014 a été un moment clé pour tester et valider le prototype. L’essai ayant été concluant, nous avons conservé cet exemplaire pour former les urgentistes et les exercer chaque année à déployer l’unité chirurgicale.

Aujourd’hui nous en sommes à la phase d’appropriation de l’outil : la cellule d’urgence de MSF va effectuer la commande des pièces, nous allons les conditionner et le RDSU prêt à l’emploi sera en stock dans les prochains mois. Notre objectif est que l’unité puisse être déployée sur le terrain dès la fin du premier trimestre 2015. »

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