16.03.2011 - Libye

Libye : L’accès aux populations piégées par les combats se restreint davantage

Alors que les combats dans l’est de la Libye s’intensifient à nouveau, MSF est contrainte de retirer son personnel de Benghazi.
Libye, 03.03.2011
Les équipes MSF assistent les médecins et infirmiers locaux dans la gestion des besoins médicaux à la frontière tuniso-libyenne.

Les équipes se sont repliées à Alexandrie, en Egypte. Elles vont toutefois tenter de continuer à aider les centres de santé libyens, principalement en envoyant des médicaments et du matériel médical. À ce jour, MSF a fourni 33 tonnes de matériel médical.

En raison des conditions actuelles de sécurité en Libye, les équipes médicales MSF sont en effet dans l’impossibilité de se déplacer sans danger dans les zones en proie aux combats, où les besoins sont les plus importants. La semaine dernière, à deux reprises, une équipe MSF se dirigeant vers Ras Lanouf – une des zones les plus durement touchées par les affrontements – a été forcée de rebrousser chemin à cause de l’insécurité. De même, une prévoyait de mettre en place une petite salle d’opération à Brega. Mais elle a dû arrêter ses activités parce que la ligne de front se déplaçait vers l’est. Actuellement, l’équipe chirurgicale est également en attente à Alexandrie.

Accès interdit depuis la Tunisie

MSF maintient ses efforts pour entrer en Libye depuis la Tunisie, afin d’apporter une aide aux populations piégées par les combats et plus particulièrement aux blessés. Néanmoins, les autorités libyennes continuent d’interdire l’accès au pays et cela depuis que l’équipe de MSF est arrivée sur place le 23 février.

Une équipe MSF de 25 personnes mène des activités à Ras Jedir et Dehiba, deux postes frontières entre la Libye et la Tunisie. Bien que les migrants fuyant la Libye soient moins nombreux au poste de Dehiba, plus au sud, une petite équipe de médecins et de psychologues apporte une aide aux arrivants. À Ras Jedir, où l’afflux est beaucoup plus important, MSF a installé deux tentes: une directement à la frontière et l’autre sur le camp de transit. Environ 18000 personnes ont trouvé refuge dans le camp en attendant leur rapatriement ou leur relocalisation.

Consultations psychologiques

Avec l’appui de nombreuses organisations internationales, les Tunisiens couvrent l’essentiel des besoins médico-humanitaires immédiats au niveau de la frontière. Depuis le 4 mars, MSF a néanmoins mis en place un programme de santé mentale après avoir observé des besoins dans ce domaine. En effet, la plupart des migrants déclarent avoir été témoins ou victimes de différentes formes de violences lorsqu’ils étaient en Libye et cherchaient à rejoindre la Tunisie. En outre, ils redoutent un avenir incertain. Ces activités psychosociales aident les migrants à surmonter ces épreuves et à réduire leur souffrance pendant qu’ils sont en transit. Les psychologues mènent des consultations individuelles ainsi que des sessions de groupe.

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