19.05.2015 - Afghanistan

Afghanistan: Tous les jours, de nouveaux blessés de guerre sont secourus

Dans le nord de l’Afghanistan, la province de Kunduz est le théâtre de lourds affrontements entre forces Afghanes et groupes d’opposition armés. Bien que les combats empêchent une partie de la population rurale d’avoir accès à la capitale de province, MSF reçoit chaque jour de nouveaux blessés dans son centre chirurgical.
Kunduz, Afghanistan, 13.05.2015
«La proportion de blessés de guerre dans le centre a plus que doublé par rapport à la même période l’année passée: ils sont passés de 6 à 14 pourcent»
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Alors que la province était considérée comme une des plus stables d’Afghanistan, les combats se sont intensifiés l’année dernière et une offensive récente provoque de nouvelles violences à Kunduz. En trois semaines, les équipes médicales du centre de traumatologie de Médecins Sans Frontières (MSF) ont pris en charge 204 blessés de guerre. La grande majorité d’entre eux a été touchée par balle ou est blessée à la suite d’une explosion, et on compte plus de 50 femmes ou enfants.

« La proportion de blessés de guerre dans le centre a plus que doublé par rapport à la même période l’année passée : ils sont passés de 6 à 14 pourcent » explique Laurent Gabriel, coordinateur du projet. « Les chirurgiens prennent en charge des blessures sévères, à l’abdomen ou la poitrine et beaucoup de patients ont besoin d’une série d’opérations complexes. »

Entre cinq et 35 blessés hospitalisés par jour

La situation est volatile et les blessés de guerre arrivent aux urgences de façon sporadique : en fonction des jours, MSF hospitalise entre cinq et 35 blessés. Ces fluctuations reflètent l’aspect imprévisible du conflit ainsi que les difficultés pour les habitants des zones rurales d’accéder à l’hôpital.

« Nous avons du mal à savoir ce qui se passe dans les zones rurales où le conflit fait rage » explique Gabriel « Ce qui est préoccupant, c’est la situation de ceux qui habitent en dehors de la ville et qui ne parviennent pas au centre de traumatologie à temps à cause des combats et des nombreux contrôles qui leur sont imposés sur le chemin. Nos patients nous disent que certaines routes menant à la ville de Kunduz sont minées, ce qui les force à faire de longs détours pour atteindre la ville. Compte tenu de la sévérité des blessures, ce délai peut être fatal. »

Rester chez soi ou risquer sa vie

Dans les salles de l’hôpital, certains patients ayant terminé leur traitement refusent de partir de peur de retourner dans leur village. Les habitants de Kunduz restreignent au maximum leurs mouvements et préfèrent rester chez eux. Conséquence, le nombre de victimes d’accidents de voiture hospitalisé au centre MSF a considérablement diminué, de 109 patients lors de la première semaine d’avril à soixante la première semaine de mai. Néanmoins le service des urgences ne désemplit pas et les équipes médicales ont traité au total 1470 patients en trois semaines. 

“Depuis plus d’un an, la province de Kunduz est secouée par les opérations militaires. Elle est devenue une zone de conflit chronique où le gouvernement et l’opposition se disputent constamment les mêmes territoires, avec le soutient variable des milices » déclare Guilhem Molinie, responsable de programme pour MSF « La population locale n’a pas d’autres choix que de continuer à vivre dans ces conditions. Cela signifie risquer sa vie, recevoir une balle en jouant dans sa cour, en cultivant son champ ou en allant au marché. »

MSF a commencé à travailler en Afghanistan en 1980. A Kunduz comme dans tout le pays, les équipes sont composées de professionnels nationaux et internationaux pour assurer la meilleure qualité de soin. MSF soutient le ministère de la Santé dans l’hôpital Ahmad Shah Baba dans l’est de Kaboul, dans la maternité de Dasht-e-Barchi dans l’ouest de Kaboul ainsi que dans l’hôpital Boost à Lashkargah, dans la province d’Helmand dans le sud de l’Afghanistan. Enfin, la MSF gère une maternité à Khost, à l'est du pays. MSF dépend uniquement de financements privés en Afghanistan et n'accepte pas d'argent de quelque gouvernement que ce soit.

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