Épidémies

Mozambique, 12.12.1997
Centre de traitement du choléra, Maputo, Mozambique. 12/12/1997

Il est alarmant de noter que des millions de personnes continuent à mourir chaque année de maladies curables. La méningite, la poliomyélite, la rougeole, la fièvre jaune et la diphtérie sont en train de revenir en force. Le choléra, la tuberculose, la malaria (paludisme) et la maladie du sommeil sont en pleine croissance malgré des traitements efficaces (sauf pour la maladie du sommeil). Et des fièvres hémorragiques comme l'Ebola refont surface.

Les causes d'apparition et de développement des épidémies sont multiples : les phénomènes climatiques (sécheresse, saison des pluies ou inondations) et les conflits qui désorganisent les systèmes de santé, favorisent la multiplication des cas; l'explosion démographique engendre également des poussées endémiques, notamment de choléra, dues à une insuffisance de l'hygiène et de l'assainissement, au manque d'eau potable et la promiscuité dans laquelle vivent les populations.

Quelle que soit l'épidémie, deux éléments sont déterminants : la rapidité d'intervention et, à cause du grand nombre de personnes à prendre en charge simultanément, la logistique et l'organisation des soins.

Médecins Sans Frontières développe des programmes visant à protéger les populations qui peuvent être touchées, mais également à enrayer les épidémies par des actions adaptées. La prévention des épidémies de rougeole, de fièvre jaune et de méningite passe par la vaccination de masse. Celle du choléra et de la dysenterie nécessite l'amélioration des conditions d'hygiène, d'approvisionnement en eau potable et des moyens d'assainissement. Le traitement de toutes les formes d'épidémie exige une mise en place rapide de structures de soins provisoires, ou l'utilisation d'infrastructures existantes pour accueillir les malades (cela peut aller des tentes aux stades de football), car les hôpitaux, souvent débordés par l'afflux des patients, ne peuvent généralement pas prendre en charge un nombre très important de malades.

La vaccination de masse nécessite la mise en place de moyens logistiques importants pour prendre en charge entre 2'000 et 3'00 personnes en une journée, avec l'objectif de vacciner au moins 90% d'une "population cible" (c'est-à-dire pouvant être touchée par la maladie, les enfants pour la rougeole, par exemple, enfants et adultes pour la fièvre jaune) : au niveau logistique, les équipes doivent disposer de vaccins et de matériel d'injection, et maîtriser la chaîne de froid depuis le lieu de fabrication du vaccin jusqu'au lieu d'utilisation; au niveau de l'organisation, les équipes doivent faire en sorte que l'ensemble de la population cible soit présente sur le lieu de vaccination en prévenant les responsables locaux (chef de village ou de quartier), voire en sollicitant l'aide des média locaux.

L'isolement des malades est une condition indispensable afin d'éviter la propagation de l'épidémie : un "camp choléra", par exemple, est un endroit totalement clos où le personnel doit se soumettre à des règles d'hygiène extrêmement strictes, l'homme étant le principal vecteur de la maladie. Le patient atteint de choléra est traité par réhydratation massive et rapide.

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