25.06.2011 - Libye

«En Libye, nous étions traités comme des esclaves»

Originaire de Somalie, Mouhaydin travaillait comme ouvrier et nettoyeur en Libye. Il est arrivé à Choucha début mars. Son épouse a disparu après être montée dans un bateau pour l’Europe.
Choucha, Tunisie, 01.06.2011
La vie au camp devient de plus en plus difficile et pour les enfants, ces conditions de vie sont encore plus insupportables.
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Auteur
Aurélie Lachant

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 «J’ai quitté la Somalie en 1994 à cause de la guerre. Quand mon père a été tué, ma famille a fui en Éthiopie. Ils vivent encore là-bas. Je suis l’aîné et je dois aider ma famille. J’ai donc décidé d’aller en Libye ou plus loin, afin de trouver du travail et de construire un futur.

Je suis arrivé en Libye il y a huit ans. Je travaillais comme ouvrier et nettoyeur. La vie n’était pas facile. Nous étions traités comme des esclaves.

Lorsque la guerre a éclaté, la situation est devenue dangereuse pour les étrangers. J’ai dû fuir ce pays également.

Je suis venu avec ma femme au camp de Choucha le 6 mars. Nous nous étions mariés en Libye et elle était enceinte de trois mois. Du jour au lendemain, elle a décidé de retourner en Lybie avec un groupe de personnes qui l’ont convaincue de prendre un bateau pour l’Europe. Je l’ai vu un matin et c’était la dernière fois. Son bateau a fait naufrage le 5 avril.

Je regrette vraiment qu’elle ne m’ait pas parlé de ses projets. Ma tristesse est profonde. J’essaie de m’occuper l’esprit pour ne pas y penser et la nuit, j’ai du mal à dormir.

La vie à Choucha est de plus en plus difficile

Je m’occupe en travaillant comme bénévole pour MSF. Je suis responsable de l’enregistrement des patients qui se présentent pour obtenir des soins médicaux. En Somalie, j’ai travaillé pendant huit ans avec MSF avant la guerre. Je suis également traducteur du somali vers le français, parce que de nombreux Somaliens cherchent de l’aide dans le camp.

La vie au camp devient de plus en plus difficile, tout particulièrement depuis les incidents de mai. Des tentes ont été brûlées et de nombreux réfugiés ont été tués ou blessés dans des bagarres violentes. Et pour les enfants, ces conditions de vie sont encore plus insupportables.

Un de mes oncles habite au Canada. J’espère qu’il pourra m’aider. Il faut que je trouve une solution, un endroit dans un pays où je puisse vivre en paix et avoir un futur.»

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