HALFTIME! : Un sacré jeu de jambes… et valse le VIH !
Il est difficile d’aller où que ce soit en Afrique du Sud ces jours-ci sans attraper la fièvre du football. La Coupe du Monde 2010 est entrée dans les quarts de finale cette semaine. Bien que n’ayant jamais été une fan de football, je dois avouer que j’ai aussi attrapé cette fièvre du football.- HALFTIME! Les hirondelles du Zimbabwe: favoris du tournoi MSF?02.07.2010
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Maintenant je suis collée à mon siège chaque fois qu’il y a un match à la télévision et j’ai même pris l’habitude de porter un maillot de l’équipe de football d’Afrique du Sud comme les collègues chaque vendredi au bureau. La seule chose avec laquelle j’ai encore des difficultés, ce sont les règles du jeu!
Une visite récente à Khayelitsha, un grand township de plus de 500’000 habitants proche de Cape Town dans lequel un adulte sur trois est séropositif, m’a donné une autre perspective sur l’Afrique du Sud pendant cette Coupe du Monde. En dépit de la pauvreté et du lourd fardeau représenté par la coïnfection VIH / tuberculose, la vie continue ici à Khayelitsha (qui veut dire « nouvelle demeure » en Xhosa, la langue locale). Ici, les gens célèbrent la vie et le football de leur propre façon, simplement, comme au Festival de la Jeunesse qui s’est tenu récemment à l’école de Bulumko.
Le festival était organisé par le Forum des jeunes de Khayelitsha en collaboration avec des organisations partenaires, dont Médecins Sans Frontières, Youth AIDS, le Centre Simeleia et bien d’autres organisations communautaires.
Des centaines d’enfants et de jeunes se sont réunis pour chanter, danser et pour participer à des pièces de théâtre et chanter dans des chœurs. L’objectif était de sensibiliser les jeunes au VIH/sida et de promouvoir les programmes de prévention du VIH ainsi que les services de santé pour les jeunes disponibles à Khayelitsha. Les jeunes se voyaient proposer conseils et tests de dépistage du VIH, pouvaient en apprendre davantage sur la thérapie antirétrovirale, l’éducation en matière de santé reproductive et pouvaient aussi obtenir des séances de soutien psychologique et même acquérir des compétences utiles pour la vie et plus de connaissances sur le VIH/sida.
J’ai tout de suite remarqué Lerato Mhlwawuli, petite fille de six ans devenue reine incontestée de la scène en dansant sans aucune hésitation sur la musique et le rythme. Elle était très petite et mignonne mais confiance et talent se dégageaient de chacun de ses mouvements dans une prestation éblouissante. De tous les participants, c’est elle qui a reçu les plus grandes acclamations des spectateurs. Nonledo Bulana, de Youth AIDS, rayonnait de fierté en serrant Lerato dans ses bras.
« A Youth AIDS, nous faisons la différence en nous concentrant sur la prévention du VIH auprès des enfants et des jeunes de 7 à 25 ans. Je crois qu’il est important de responsabiliser les enfants et les jeunes en les éduquant sur le VIH/sida et en les rendant conscients de leur corps. Nous faisons cela car ils sont le futur et la clé d’une future société libérée du VIH/sida », explique Nonledo.
J’ai également parlé avec le Docteur Carolina Malavazzi Galvão, médecin MSF venant du Brésil qui travaille à la Clinique pour jeunes de Khayelitsha. Elle m’a bien sûr parlé de sa frustration suite au premier match de l’équipe du Brésil et m’a expliqué que le football était un mode de vie pour les Brésiliens, où qu’ils soient.
Mais elle m’a aussi expliqué pourquoi le Festival de la Jeunesse était important: « Il est crucial que les programmes VIH intègrent différents services pour les jeunes afin d’enrayer la propagation du VIH. Ici, à Khayelitshale la poursuite du traitement contre le VIH par les jeunes est très faible. Beaucoup d’entre eux cessent d’aller dans les cliniques. Nous devons éduquer leurs parents ou les personnes en charge de ces enfants afin qu’ils comprennent pourquoi il est essentiel de poursuivre leur traitement et pour mettre en place des initiatives qui leur permettent de faire face à leur condition de séropositifs. »
J’étais heureuse d’apprendre que ces initiatives destinées aux jeunes aident ceux-ci à trouver des réponses concernant la lutte contre le VIH et aussi de savoir que le prochain Festival de la Jeunesse se déroulera dans les centres, endroits où les jeunes aiment se retrouver.
Et maintenant, si seulement je pouvais trouver un peu de temps pour démêler le mystère des règles du football avant la finale de la Coupe du Monde! Des volontaires pour m’apprendre?
Baikong Mamid, chargée de communication, MSF Afrique du Sud








