16.04.2015 - Kenya

Dadaab, Kenya: les réfugiés somaliens ne doivent pas être forcés au retour

Les personnes réfugiées au Kenya ont besoin d’assistance et doivent pouvoir vivre en lieu sûr.
Dadaab, Kenya, 07.03.2015
Les conditions actuelles en Somalie ne permettent pas de garantir la sécurité et la dignité des personnes qui retourneraient y vivre.

Suite à l’appel d’Officiels kenyans de fermer le camp de réfugiés de Dadaab au nord-est du Kenya d’ici trois mois, l’organisation médicale internationale Médecins Sans Frontières (MSF) met en garde contre un retour forcé des réfugiés en Somalie. Cette décision aurait des conséquences dramatiques pour des centaines de milliers de personnes, dont les vies seraient mises en danger.

La situation actuelle en Somalie ne permet pas de garantir le retour des réfugiés dans des conditions garantissant leur sécurité et leur dignité. MSF appelle le gouvernement kenyan et la communauté internationale à augmenter l’assistance et à améliorer les conditions de sécurité des réfugiés somaliens vivant sur le territoire kenyan.

Le plus grand camp de réfugiés au monde

«Une mesure si drastique prise dans un délai si court priverait des générations entières de réfugiés d’un choix de futur», dit Charles Gaudry, chef de mission de MSF au Kenya. «C’est une manœuvre qui serait punitive pour des centaines de milliers de personnes, les obligeant à retourner dans un pays qui ne leur garantit ni sécurité ni accès aux soins, ceux-ci étant même inexistants dans certains endroits.»

Le camp de réfugiés de Dadaab, où vivent actuellement 350 000 personnes, est le plus grand du monde. Depuis plus de 20 ans, il abrite des générations de Somaliens qui ont fui un pays dévasté par les conflits. MSF gère un hôpital de 100 lits et quatre centres de santé à Dagahaley, l’un des cinq camps de Dadaab.

Dadaab, un lieu de refuge

L’assistance humanitaire dans les camps s’est réduite au cours des dernières années suite à l’insécurité grandissante et à la réduction des financements en faveur des nombreuses organisations humanitaires y travaillant. Malgré cela, Dadaab offre toujours un lieu de refuge plus sûr que la Somalie.

«Nous ne pouvons pas retourner en Somalie», dit Adbul Hussein, un réfugié avec lequel MSF a échangé fin mars. «Les raisons qui nous ont poussées à quitter notre pays existent toujours aujourd’hui. Les gens n’ont nulle part où aller. Ils n’ont rien.»

«Forcer le retour des réfugiés dans un pays dévasté par la guerre n’est pas une solution », poursuit Gaudry. «Au contraire, le gouvernement kenyan et la communauté internationale doivent travailler de concert pour aider et protéger les réfugiés somaliens qui sont venus chercher refuge au Kenya».

MSF travaille depuis 20 ans dans le camp de Dadaab et est actuellement la seule organisation médicale à offrir des soins dans le camp de Dagahaley. En 2014, MSF a dispensé 180 000 consultations, admis 12 000 personnes en hospitalisation, assisté l’accouchement de 3 240 bébés et mené 12 000 consultations prénatales. A la suite de l’attaque de l’université de Garissa le 2 avril 2014, l’une des équipes de MSF à Dadaab y a été déployée pour soutenir l’hôpital dans la prise en charge des blessés et apporter un soutien médical aux centaines d’étudiants évacués à l’aéroport de Garissa.

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