13.10.2017 - Niger

«Niger: 1400 staff pour soigner les enfants de moins de cinq ans pendant le pic»

Pendant la période de pic saisonnier, MSF renforce ses équipes dans les régions de Zinder, Tahoua et Maradi pour prendre en charge les enfants les plus sévèrement malades et met l’accent sur les stratégies de prévention et de prise en charge rapide au plus près des communautés.
Niger, 02.08.2017
En septembre 2017, 2226 enfants ont été admis à l’unité pédiatrique de l’hôpital de Magaria au Niger.

Au Niger, la période de soudure agricole, où la prévalence de la malnutrition est à son plus haut niveau, coïncide aussi avec l’arrivée des pluies et la prolifération des moustiques responsables du paludisme. Une combinaison qui peut s’avérer fatale pour les plus jeunes enfants qui ne sont pas soignés à temps, dans un pays où plus de 800000 d’entre eux sont à risque de malnutrition aigüe sévère et modérée selon le Bureau Coordination des Affaires Humanitaire (OCHA). Les régions de Maradi, Zinder et Tahoua sont particulièrement vulnérables à l’insécurité alimentaire. Pendant cette période, MSF emploie plus de 1430 personnes au sein des structures de santé et des villages pour prévenir, détecter et soigner les maladies qui touchent les enfants de zéro à cinq ans.

Prendre en charge les cas pédiatriques les plus sévères

Depuis 2005, MSF travaille de manière continue en collaboration avec le ministère de la Santé Publique au sein des unités pédiatriques des hôpitaux de Madaoua, Madarounfa, Magaria et, depuis l’année dernière, a rouvert une unité pédiatrique à Dungass. Au total, ce sont plus de 1200 lits qui sont disponibles pour répondre aux besoins médicaux des enfants de moins de cinq ans à travers des soins pédiatriques et nutritionnels.

«A la maison, il n’y a plus de mil et nous n’avons pas de réserve de nourriture. Ma fille cadette, Binta, a commencé à maigrir et à avoir des œdèmes sur le corps… Je suis venue hier en mototaxi jusqu’ici pour qu’on la soigne. J’ai l’impression qu’elle va déjà mieux», explique Hassira, mère de trois enfants. De juin à mi-septembre, plus de 6400 enfants souffrant malnutrition modérée et sévère aggravée par des complications médicales telles que l’anémie ont bénéficié d’un traitement dans les Centres de Réhabilitation Nutritionnels Intensifs (CRENI) appuyés par MSF.

La plupart des enfants admis souffrent aussi d’autres pathologies, notamment le paludisme ou encore des complications post-natales et sont pris en charge par les équipes MSF au sein de ces unités pédiatriques. La détection de maladies face auxquelles les enfants malnutris sont particulièrement vulnérables, telles que le VIH et la tuberculose, est aussi mise en place pour les enfants hospitalisées et leur accompagnant, tout comme des activités de vaccination.

Mieux prévenir

Réduire la mortalité infantile passe par une stratégie de prévention et d’offre médicale intégrée qui facilite l’accès aux soins, au plus près des communautés.

Dans les régions de Maradi et Zinder, en appui aux autorités sanitaires, MSF propose ainsi dans 16 centres de santé intégrés (CSI) et trois cases de santé une offre de soins qui combine le traitement thérapeutique ambulatoire de la malnutrition sévère, la détection des cas de paludisme et le traitement des autres maladies de l’enfance. Les cas les plus graves sont immédiatement pris en charge et placés dans des salles d’observation, avant d’être amenés à l’hôpital si leur état le nécessite. Dans six centres de santé intégrés du district de Madaoua, un dispositif d’appui est prévu par MSF pendant le pic dans le cas où une aide serait nécessaire pour faire face à un afflux de patients.

La prévention se déroule aussi hors des structures de santé. Dans 44 villages de Maradi, des agents de santé communautaires formés et accompagnés par MSF assurent le dépistage et le traitement des cas de paludisme simple. Entre juin et mi-septembre 13000 enfants ont ainsi reçu un traitement gratuit à la maison, avec 750 cas transférés vers une structure de santé. Cette approche communautaire permet de rendre les soins plus accessibles.

Enfin, une attention particulière est portée à la promotion de la santé sur des sujets qui impactent directement la santé des enfants. En étroite collaboration avec les agents de santé et relais communautaires, les équipes sillonnent les villages pour échanger, entre autres, sur l’allaitement maternel, les risques d’utilisation de préparations locales pour la guérison ou encore l’importance de la vaccination et de l’utilisation des moustiquaires imprégnées.

La lutte contre la mortalité infantile au Niger passe par une approche globale et intégrée qui facilite l’accès aux soins pour les enfants atteints des maladies les plus courantes. En s’impliquant au niveau communautaire tout en appuyant la prise en charge hospitalière, MSF développe cette approche en partenariat avec le ministère de la Santé Publique, contribuant à combattre la mortalité infantile encore excessive liée à des pathologies que l’on peut pourtant détecter et soigner. Depuis le début du pic en juin, plus de 108000 enfants ont été pris en charge dans les différents programmes hospitaliers et communautaires mis en œuvre dans les régions de Zinder, Tahoua, et Maradi.

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Malnutrition, Niger, Paludisme
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