Les 10 principes de MSF

MSF a été créé pour contribuer à la protection de la vie et à l'allégement des souffrances en respect de la dignité humaine. MSF apporte des soins à des personnes en situation précaire et travaille à leur permettre de reprendre le contrôle sur leur futur.
Darfour, 04.04.2007
1.
L'Action médicale d'abord

L'action de Médecins Sans Frontières est avant tout médicale. Elle consiste principalement à procurer des soins curatifs et préventifs aux personnes en danger, indépendamment du pays où elles se trouvent. Lorsque l'action médicale seule ne permet pas d'assurer la survie des populations - comme dans des situations d'extrême urgence - d'autres interventions peuvent être développées dans les secteurs de l'approvisionnement en eau, la sanitation, la nutrition, la construction d'abris...

 

Cette action s'inscrit prioritairement dans les périodes de crise, c'est à dire de rupture d'un équilibre antérieur, et quand la vie des populations est menacée.

 

Médecins Sans Frontières est une organisation d'aide médicale. Les activités de MSF sur le terrain ont toujours été traditionnellement centrées sur la médecine. Nombreuses sont les régions du monde où les systèmes de santé sont défaillants, en raison des guerres, des catastrophes naturelles ou humaines, ou plus simplement de la pauvreté et du manque de moyens logistiques ou financiers.

 

Assurer l'accès à des soins de santé de base pour tous est donc une priorité pour MSF. Cependant ces activités médicales ne se limitent pas aux soins de base. MSF s'est notamment spécialisé dans les interventions d'urgence en cas de conflits, de catastrophes et d'épidémies.

 

Le champ des activités médicales comprend ainsi la chirurgie, la vaccination et le traitement de certaines maladies posant de graves problème de santé publique, comme la tuberculose et en particulier ses formes multi-résistantes, qui tue deux millions de personnes chaque année dans le monde, ou encore la maladie du sommeil.

 

Grâce à ses importants moyens techniques, MSF est aujourd'hui en mesure de jouer un rôle important au niveau de la recherche et du développement opérationnels de solutions aux problèmes de santé publique, grâce à sa présence permanente sur le terrain et à son expérience de terrain.

 

Aux activités purement médicales se sont rapidement ajoutées, dès la fin des années 1970 et avec l'explosion du nombre de réfugiés dans le monde, d'autres types d'aide, comme l'approvisionnement en nourriture et en abris, corollaires nécessaires de l'action médicale.

 

En outre, au même titre que la question des réfugiés a fait évoluer la nature de l'aide vers des domaines non-médicaux, le suivi des projets, une fois l'urgence passée, a amené MSF à se spécialiser aussi dans des domaines comme la réhabilitation ou la mise en place de structures de santé, la formation et l'éducation en matière de santé ainsi que l'assainissement du milieu ambiant. Autant d'autres éléments nécessaires à une action médicale de qualité et au relèvement de systèmes de santé durables.

2.
Le témoignage, complément indissociable

Dès sa création - motif même de sa création -, MSF a toujours combiné le principe de sa liberté d'action - le "sans frontiérisme" - avec le principe de la liberté de parole, un élément crucial de l'identité de MSF.

 

Dans le but d'améliorer les conditions de vie des populations, MSF s'est ainsi réservé le droit de parler pour ceux qui ne le peuvent pas, ou que l'on n'entend pas, et de dénoncer des situations de violations manifestes et massives des droits de l'homme, dont l'organisation est directement témoin.

 

Considéré comme une responsabilité morale par l'association, le témoignage humanitaire s'est révélé un outil précieux dès les années 1970, au vu de son impact sur l'opinion publique. Outre les grandes campagnes d'information publique, le témoignage peut revêtir d'autres formes, plus discrètes mais tout aussi efficaces, comme le lobbying politique - qui vise directement les décideurs au plus haut niveau -, très usité depuis le développement international du mouvement MSF.

 

Le poids, l'efficacité, la rapidité d'action et la présence des expatriés d'MSF sur le terrain ont contribué à promouvoir l'organisation au rang d'interlocuteur privilégié de nombreux gouvernements et d'instances internationales, telles que le HCR, l'OMS et le CICR.

 

Par ses actions de témoignage, MSF cherche avant tout à améliorer le sort des populations en danger.

 

Le témoignage se traduit par:

- La présence directe des volontaires auprès des personnes en danger, pour effectuer le geste médical, qui associe proximité et écoute.

- Un devoir de sensibilisation du public sur la situation des personnes en danger.

- La possibilité de critiquer ouvertement les manquements aux conventions internationales et de dénoncer ces manquements. Il s'agit d'un ultime recours, lorsque les volontaires MSF sont témoins de violations massives des droits de l'Homme, comme en cas de déplacements forcés de populations, de refoulement de réfugiés, de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

 

Dans des cas exceptionnels, il peut se produire que, dans l'intérêt des victimes, les volontaires MSF portent assistance en s'abstenant de témoigner publiquement, ou qu'ils dénoncent sans assister, par exemple lorsque l'aide humanitaire, "instrumentalisée", est détournée de son objectif.

3.
Le respect de l'éthique médicale

La mission de MSF est accomplie dans le respect des règles de la déontologie médicale: celle-ci impose en particulier le devoir de procurer des soins sans nuire (ni à un individu ni à un groupe) et d'assister toute personne en danger, avec humanité, impartialité, et en respectant le secret médical.

 

Par ailleurs, le droit international humanitaire protège la déontologie et la mission médicale. Il prévoit que nul ne peut être puni pour avoir exercé une activité de caractère médical conforme à la déontologie, quels qu'aient été les circonstances ou les bénéficiaires de cette activité.

 

Il affirme aussi que les personnes exerçant une activité de caractère médical ne peuvent être contraintes d'accomplir des actes ou des travaux contraires à la déontologie.

4.
La défense des Droits de l'Homme

Médecins Sans Frontières fait siens les principes des Droits de l'Homme et du droit humanitaire international. Ceux-ci comprennent entre autres:

 

- le devoir de respecter les libertés fondamentales de chaque individu, y compris le droit à l'intégrité physique et mentale, et les libertés de pensée, de mouvement, tels que les présente la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1949;

 

- le droit des victimes à recevoir une assistance, ainsi que le droit des organisations humanitaires à donner une assistance dans les conditions suivantes: libre évaluation des besoins, libre accès aux victimes, contrôle de la distribution des secours, respect de l'immunité humanitaire.

5.
Le souci d'indépendance

L'indépendance de MSF se caractérise avant tout par une indépendance d'esprit, qui est une condition de son indépendance d'analyse et d'action, c'est-à-dire du libre choix de ses opérations, de leur durée et des moyens pour les mettre en oeuvre.

 

Cette indépendance se manifeste à la fois au niveau de l'organisation et de chacun de ses volontaires.

 

L'organisation MSF travaille sur la base d'une indépendance stricte à l'égard de toute structure ou pouvoir (qu'ils soient d'ordre politique, religieux, économique ou autre). MSF ne peut en aucun cas servir d'instrument de politique étrangère de quelque gouvernement que ce soit.

 

Ce souci d'indépendance étant également financier, MSF s'applique à rassembler un maximum de ressources privées, à diversifier ses financeurs institutionnels, et parfois à refuser certains financements qui porteraient atteinte à son indépendance.

 

De leur côté, les volontaires MSF sont tenus au devoir de réserve, et doivent éviter par leur attitude personnelle de lier ou d'impliquer MSF (politiquement, institutionnellement ...).

6.
Un principe fondateur : l'impartialité

L'impartialité est le fondement de la mission de MSF; elle est indissociablement liée à son indépendance d'action. L'impartialité est définie par les principes de non-discrimination et de proportionnalité:

 

- non-discrimination en fonction de l'appartenance politique, la race, la religion ou le sexe, ainsi que de tout autre critère analogue;

 

- proportionnalité de l'assistance par rapport à l'intensité des besoins. C'est vers les personnes les plus gravement et les plus immédiatement en danger que l'action de MSF se dirige en priorité.

7.
Un esprit de neutralité

MSF ne prend pas part aux conflits armés, et dans ce sens adhère au principe de neutralité.

 

Cependant, la dénonciation est l'ultime moyen d'action pour aider les populations assistées par MSF, dans certains cas extrêmes, quand les volontaires sont témoins de violations massives des Droits de l'Homme. Dans ce cas, la seule assistance est rendue vaine du fait de la persistance de ces violations. C'est pourquoi MSF sort de l'observation stricte du principe de neutralité et exprime son témoignage, pour mobiliser les consciences en vue de faire cesser ces exactions et d'améliorer le sort des populations auprès desquelles les volontaires d'MSF sont présents.

8.
Responsabilité et transparence

Face aux populations en détresse, MSF a l'obligation de mobiliser et de développer ses ressources.

 

Recherchant le maximum de qualité et d'efficacité, MSF se donne l'obligation d'utiliser au mieux les compétences et les moyens dont elle se dote, à contrôler directement la distribution des secours, et à en évaluer régulièrement les effets.

 

MSF se doit de rendre compte de ses actions de manière transparente, aux populations bénéficiaires comme à ses donateurs.

9.
Une organisation de volontaires

MSF est une organisation basée sur le volontariat. Cette notion implique principalement :

 

- un engagement individuel envers les personnes en situation précaire, et par conséquent une responsabilité de chaque volontaire, sur qui repose la responsabilité de MSF;

 

- le désintéressement, qui atteste du caractère non-lucratif de l'engagement des volontaires.

 

Le volontariat est un facteur déterminant pour maintenir l'esprit de résistance aux compromissions, à la routine, et à l'institutionnalisation.

10.
Un fonctionnement associatif

L'engagement de chaque volontaire envers le mouvement MSF va au-delà de l'accomplissement individuel d'une mission; il suppose aussi une participation active à la vie associative de l'organisation, et une adhésion à la charte et aux principes de MSF.

 

Au sein des différentes structures représentatives de MSF, la participation effective de chaque volontaire sur la base d'une voix égale pour chaque membre, garantit le caractère associatif de l'organisation.

 

MSF s'efforce aussi d'intégrer en permanence de nouveaux volontaires, afin de maintenir une certaine spontanéité d'action et un esprit d'innovation.

 

Associé aux idéaux du volontariat, le caractère associatif de MSF lui permet une ouverture sur nos sociétés et une capacité de questionnement.

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