Mourir de faim
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"Je meurs de faim"... Cette expression que l'on utilise si facilement est en fait bien éloignée de la réalité qu'elle exprime. Car, mourir de faim, c'est endurer de longues et terribles souffrances. Un mal dont les enfants sont les premières victimes.
Etre malnutri, dénutri, mourir de faim.... Autant d'expressions qui restent bien éloignées de notre réalité quotidienne. Parler d'enfants -ou d'adultes, malnutris "modérés" ou "sévères", c'est parler avec une pudeur toute clinique qui n'exprime en rien les souffrances, ni la durée de la souffrance.
On ne "guérit" pas un malnutri sévère en lui donnant simplement à manger. Plus vraisemblablement, cela le tuera. C'est pourquoi sauver un enfant malnutri relève de l'acte médical.
CE QUI SE PASSE DANS LE CORPS
Une sorte de cercle vicieux s'installe quand on n'a plus suffisamment, ou plus du tout à manger. Le manque d'aliments entraîne une perte importante d'énergie, une grande fatigue. Petit à petit, la personne devient apathique, a de moins en moins de relations avec l'extérieur. Elle n'a plus la force de bouger, de parler ni de manger. De plus, à force de privation, l'estomac s'atrophie et n'accepte plus de grandes quantités de nourriture. Tous les mécanismes régulateurs de la faim comme l'envie de manger ou, au contraire, l'impression de satiété, qui sont gérés par le volume gastrique, vont s'émousser. On n'a plus faim, on n'a plus soif non plus. Les enfants malnutris sont si faibles qu'ils ne ressentent plus la sensation de soif et sont très souvent déshydratés.
SOUFFRANCE ET FAIBLESSE
Si l'extrême faiblesse provoquée par la malnutrition entraîne une inappétence et une apathie, elle n'anesthésie pas pour autant la capacité de souffrir. Les enfants -et les adultes- souffrent au moindre mouvement car leurs muscles sont atrophiés. La douleur est également liée à la peau qui se craquèle sous l'effet de l'intense déshydratation des tissus. Davantage fragilisées, les personnes souffrant de malnutrition sont susceptibles d'attraper toutes sortes de maladies, sources de souffrances supplémentaires. Des champignons, par exemple, se développent très souvent sur les parois du tube digestif. Déglutir devient alors une épreuve extrêmement douloureuse qui équivaudrait à vouloir manger du citron avec la bouche pleine d'aphtes.
LA "RENUTRITION", UNE QUESTION MÉDICALE
Réalimenter un enfant malnutri est un acte qui doit se faire avec beaucoup de précautions car si il est mal fait, il peut entraîner la mort.
L'enjeu est d'apporter à l'organisme un maximum d'éléments énergétiques dans un minimum de volume, car l'estomac atrophié ne supporte presque plus rien.
La malnutrition fragilise tous les systèmes du corps humain : digestif, rénal, hépatique, cardiaque... Il faut donc réhabituer progressivement le corps à reprendre ses fonctions normales. Un apport trop important ou trop rapide de nourriture peut saturer les systèmes déjà fragilisés, et conduire à une rupture comme une crise cardiaque.
En parallèle, on doit réhydrater l'enfant, soigner les maladies opportunistes et le vacciner si nécessaire très rapidement.
DES RÉSULTATS IMMÉDIATS
Les centres nutritionnels thérapeutiques ou intensifs accueillent les enfants sévèrement malnutris.













