Dernière mise à jour : septembre 2007
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Historique de la présence MSF :
C'est en 1974 que MSF lance sa première mission d'assistance médicale aux populations du Honduras touchées par le passage de l'ouragan "Fifi". Ensuite, dès le début des années 80, MSF commence à organiser l'assistance médicale aux réfugiés des pays voisins, en particulier salvadoriens et nicaraguayens, regroupés dans de nombreux camps le long des frontières.
La section suisse de MSF commence ses activités dans le pays en 1998. Il s'agit alors de prendre en charge à La Ceiba et à Tegucigalpa, la capitale, les malades atteints de maladies sexuellement transmissibles et conjointement de travailler sur la prévention du VIH/sida.
La même année, une vaste opération d'urgence est déclenchée suite au passage dévastateur de l'ouragan Mitch.
En 2001, MSF entreprend la mise en oeuvre d'un projet global VIH/sida à la clinique de Tela, une zone Garifuna de la côte Nord du pays connaissant une forte prévalence de la maladie. L'année suivante, MSF commence à prescrire et fournir les premiers traitements antirétroviraux aux patients de Tela.
En fin 2005, les services sanitaires spécialisés du Ministère de la Santé reprennent en charge les 300 patients traités avec antirétroviraux après la fermeture de la clinique MSF. Cette décision de remise des activités du projet avait été prise compte tenu du fait que les autorités sanitaires avaient pu ouvrir 22 « unités de soins intégraux » dans tout le pays.
En 2003 commence à Tegucigalpa une évaluation des besoins des enfants marginalisés vivant dans les rues de la capitale avec comme objectif de définir une stratégie d'intervention MSF auprès de cette population particulièrement "à risque". Le résultat sera la création, à Tegucigalpa, d'un centre thérapeutique de jour pour ces jeunes "abandonnés" de la rue.
Le niveau de violence urbaine au Honduras, en particulier dans la capitale, est alarmant. Dans le contexte de familles déstructurées, ce sont d'abord les enfants et les jeunes qui en subissent, dans leur vécu quotidien les conséquences, lorsqu'ils n'en deviennent pas les acteurs eux-mêmes: addiction à la colle, prostitution et dérive psychologique sur toile de fond d'actes de violence, sont un quotidien que les institutions locales n'adressent, pour la plupart, que sur le registre de la répression. Une assistance médicale et psychologique à ces jeunes devait être initiée, c'est ce qu'a entrepris MSF.
Violence urbaine / Projet « enfants de la rue » à Tegucigalpa
Ce projet a pour but d'apporter une assistance médicale, psychologique et, dans une moindre mesure socio-éducative, à des enfants et adolescents (jusqu'à 24 ans) vivant dans la rue de la capitale dans une situation de précarité et de marginalisation extrêmes.
Le projet est basé dans le centre thérapeutique de jour situé à Comayaguela, l'un des quartiers les plus pauvres de la capitale. Des activités mobiles sont aussi organisées pour aller à la rencontre de ces jeunes. Il s'agit, dans la rue, de venir en aide à ceux qui ignorent l'existence du centre ou qui ont besoin, compte tenu de leur état, d'être accompagnés, parfois en urgence, vers d'autres structures de soins
Au centre thérapeutique de jour ouvert en mars 2005, l'accent est mis sur les dommages causés par les drogues, en particulier la colle, qui constitue une addiction majeure dans cette population. Les activités médicales touchent en particulier les domaines de la santé sexuelle et reproductive qui correspondent aux besoins concrets de ces jeunes filles et adolescents largement exposés au commerce du sexe, avec comme corollaire les violences subies, les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses précoces et multiples.
Les données recueillies auprès des jeunes qui fréquentent le centre thérapeutique de jour de MSF à Comayagüela donnent des renseignements précieux sur le niveau de violence extrême qu'elles et ils subissent dans l'environnement de la rue et sur qui en sont les principaux auteurs, depuis leur propre famille, les autres jeunes de la rue jusqu'aux institutions en particulier les polices privées et publiques.
Il n'y a eu, depuis le démarrage de ce projet que peu ou pas d'évolution sensible dans la politique du pays quant à la prise en charge de ces enfants vivant dans les rues. Même l'attention médicale pour ces enfants et ces jeunes reste très problématique lorsqu'il s'agit pour eux de fréquenter une structure publique de santé. Quant à la réhabilitation sociale de cette population vivant toujours en marge, elle n'est encore que très partiellement prise en compte par les autres acteurs qu'il faut donc continuer de stimuler.
La composante advocacy et lobby auprès des acteurs gouvernementaux, non gouvernementaux et du public est indispensable. Un livre de témoignages recueillis auprès des enfants est disponible à partir du mois d'octobre 2007 dans une version bilingue, espagnol / anglais.
MSF commence aussi à intervenir auprès des minorités sexuelles (lesbiennes, homosexuels et travestis), en particulier auprès des plus vulnérables d'entre eux (organisation locale Arcoiris), les prostitués qui subissent d'une manière aiguë la violence de la rue et n'ont qu'un accès très limité aux services sanitaires pour cause de stigmatisation.
En moyenne 2 personnes expatriées travaillent avec plus de 30 personnels nationaux sur le projet.
| Activités mobiles, projet « Enfants des rues » © Jaime A. Rojas |
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Le Honduras connaît un niveau de violence urbaine si important qu'il est considéré aujourd'hui comme l'un des pays les plus risqués de cette région d'Amérique Latine. Les inégalités sociales cumulées avec un important exode rural ont pour conséquences une dégradation des structures économiques et sociales des nouvelles communautés s'installant dans les zones marginalisées des grandes villes, en particulier de la capitale. Un accès libre et facile au marché des armes a aussi facilité la recrudescence de la violence et une augmentation très importante de la criminalité.
MSF veut explorer de nouveaux terrains d'intervention visant la prise en charge des victimes des violences répétées, tant physiques que sexuelles et psychologiques, en particulier parmi les populations les plus défavorisées.
La composante "préparation aux urgences" reste une préoccupation importante compte tenu de la fréquence des ouragans dévastateurs dans la région.




